‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 32 sur 138 · SW, II · texte numérisé non relu

SW, II

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un savoir. Disons -le donc enfin, c'est une « croyance » {G /aube) \ La raison est la faculté de la croyance à l'absolu : nouvelle définition qui rejoint les précédentes. Cette croyance est rationnelle sans doule, mais non pas dans le sens où Kant prend ces mots. Selon Kant, le libre arbitre et l'existence de Dieu étant postulés par la raison pratique, nous avons le droit, et, dans une certaine mesure, le devoir d'y croire. Mais notre connaissance n'est pas étendue par là. Nous n'en savons pas plus qu'auparavant. Ces objets demeurent pour nous inaccessibles, et l'existence même en reste hypotliétique. La croyance kantienne est donc une adliésion volontaire, nullement instinctive. Elle a un caractèi-e moral; elle peut être une soui-ce de mérite. La croyance dont parle Jacobi est, au contraire, spontanée et immédiate. Elle fait l'essence même de la raison, et la raison n'existe qu'en tant qu'elle participe à son objet. « La raison ne tire pas d'elle-môme l'idée de Tabsolu : c'est elle qui sort de lui véritablement. Elle n'est que par lui. Il lui est donné, et elle est donnée à elle-même avec lui... Comme elle se fie à la réalité de cette idée, ainsi se fie-l-olle à elle-même -. » En un mot, pour la raison, croiie à l'absolu, c'est s'affirmer. N'y pas croire, s'il était possible, serait se détruire.

Mais cette raison nepeut-elle pas être trompeuse ? Vous avouez qu'elle ne sait pas, qu'elle est incapable de voir et de connaître le vrai, qu'elle le « présuppose » seulement audessus d'elle. Au rebours des philosophies oi^dinaires, qui opposent volontiers la raison au sentiment, vous nous présentez une raison qui est elle-même sentiment. Tendance, instinct, intuition aveugle, pressentiment, anticipation,

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