‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 33 sur 138 · SW, III, ma · texte numérisé non relu

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TMEOHit DK LA RAISON 69

croyance siK.nranée, qui nous assure que tout cela n'est pas décevant? L'iioimne ne serait-il pas simplement la dupe du besoin de stabilité qui est l'exioence suprême de son esprit, ou du désir de iionbeur qui est au fond de son âme? Et,' de ce qu'il « présuppose » spontanément une certaine vérité! s'ensuit-il aussitôt que cette vérité existe? Les dogmatiques les plus résolus ne l'ont jamais admis sans démonstration. Kant reconnaît bien que les « Id^es » sont produites par l'activité spontanée de la raison : mais il ne croit pas avoir le droit d'en affirm(.'r pour cela la valeur objective. Bref, quelle garantie la raison nous offre-t-elle de sa véracité? Que répondrait-elle, si ou lui objectait le malin génie de Descartes ?

Jacobi a vu la difficulté. Il l'a abordée de front. Il est vrai, dit-il en substance, la raison pourrait ne pas être véridique. Il se peut qu'elle nous trompe. Peut-être cette tendance spontanée, ce pressentiment, cet élan de notre nature vers un absolu de bonté et d'amour ne sont-ils qu'illusion ». Cette bypothèse ne paraît pas absurde, au moins de prime abord. Mais, s'il faut l'admettre, il n'y a plus ni vérité ni erreur, ni bien ni mal. La pensée comme l'action perdent toute règle, tout sens, toute valeur. L'homme devient une énigme incompréhensible. « Sans une ferme croyance à Dieu et à l'immortalité, nous ne pouvons établir seulement que « oui » reste « oui » et « non, non « ». Jacobi se souvient ici fort à propos de la fonction logique de la i-aison, qu'il négligeait tout à l'heure sans scrupule. Plus exactement, sans attribuer de fonction logique à la raison même, il rappelle qu'elle domine les opérations intellectuelles. Car les premiers principes sont connus par le cœur, ot, comme le dit Pascal, les propositions se concluent, mais les principes se sentent. Si donc la raison, teUe que la d^'finit Jacobi (c'est-à-dire le cœur), esf trompeuse, il n'y a plus de vérité, il n'y a plus même de pensée possible.

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