‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 46 sur 138 · SW, IV, p. XLIV-XLV · texte numérisé non relu

SW, IV, p. XLIV-XLV

dans le sentiment que nous en avons? Quelle preuve pourrait valoir ce témoignage spontané de la raison? Nous avons conscience de quelque chose qui nous pousse à préférer à tout, même au bonheur, un objet supérieur à tous k^s autres, et qui est le bien. « Je sens cette inclination comme une force intime, comme une force réelle, la plus haute de toutes, et par ce sentiment, je m'attribue nécessairement Ja faculté de déterminer mes désirs sensibles, penchants et passions, comme l'exige de moi la vertu. Cette faculté a toujours été appelée liberté morale. » Un être hbre est un être capable de vertu. Les deux attributs s'impliquen l'un l'autre. La liberté consiste si peu « dans une malheureuse capacité de vouloir le mal comme le bien, deux choses contradictoires, qu'au contraire, c'est seulement en tant que celte malheureuse faculté nous est inhérente que nous sommes nonlibres. » Nous nous attribuons la liberté, parce que nous avons conscience en nous d'une force qui va au bien, et qui peut surmonter toute résistance. Mais alors pourqiioi cette liberté ne triomphe-t-ellc pas, en effet, de tous les obstacles? C'est un secret impénétrable, répond Jacobi, le secret de la création, de l'union du fini et de l'infini, de l'existence d'êtres finis qui sont des personnes. C'est le problème du mal, que personne n'a jamais résolu *.

Ainsi la liberté, qui n'est pas connue au sens propre du mot, est donnée avec la conscience morale. Comme Dieu, elle se révèle spontanément à la raison. En sentant qu'il peut résister à ses passions et qu'il doit les vaincre, l'homme est assuré de sa liberté. Cette conviction immédiate défie les objections. D'ailleurs la liberté, sans se définir davantage, il est vrai, se manifeste encore en s'opposant à ce qui n'est pas elle, à la nature, au mécanisme. L'homme sait que par une partie de son être il appartient à la nature, ol qu'il est enveloppé dans le mécanisme universel. Il ne s'en lapporte pas moins l'initiative de ses actes réfléchis. II s'en considère

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