Voyez supra^ c\\. in, p
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ces conséquences possibles. Mais il ignorait le doute, et il a pu ne pas les trouver inquiélantes.
C'est encore la solidité de sa foi, senîl)le-t-il,'qui le fait passer rapidement sur les dlJiicuIlés que soulève sa théorie de la croyance. « Croyance >> ne désigne pas pour lui Fétat de Vùme qui s'atlaclie à une opinion, sachant que les preuves sont insuffisantes, et que l'évidence n'est pas complète. Ainsi entendue, la croyance serait inférieure au savoir, qni pent se démontrer, et qui a une valeur uniyersdle. Or la croyance, telle que la définit Jacohi, est équivalente et même supérieure au savoir. Car elle donne la certitude, ou plutôt elle est la certitude môme «.
Jacobi aime à distinguer la certitude « de première main w et la certitude « de seconde main o. Celle-ci s'obtient dans la science proprement dite. Du point de vue de la logique, elle est inattaquable. Néanmoins elle est dérivée; elle vaut ce que valent les principes sur lesquels les démonstrations reposent. Ces principes, d'où viennent-ils? L'entendement ne les a pas fournis, car, par lui-môme, il est vide, et il ne produit rien de soi. Ils sont hors de sa portée. Ils sont révélés par la raison, par le « cœur », disait Pascal, — par la croyance, ajoute Jacobi. Voilà la certitude u de première main », immédiate et spontanée, qui est le fondement nécessaire de Tautre. « Nous naissons tous dans la croyance, mon cher Mendelssohn, et nous restons forcément dans la croyance, de môme que nous naissons tous dans la société et que nous devons rester dans la société... Il y a une certitude immédiate qui n'a pas besoin de preuve.s, bien mieux, qui exclut absolument toute picuvc, et qui, par un privilège unique, est une représentation roïnri<lant avec la chose représentée... La conviction par des preuves est une certitude de seconde main. Elle repose sur la raLson, et ne peut jamais être comptèle ni sAi-o. Si donc lonto convîclion qui ne proilont pas de preuves m(ionnolle.s est croyance, toute
conviction qui en provient repose aussi sur une croyance, et reçoit de là toute sa force *. »
Le sens du mot « croyance » est ici tout à fait insolite. La croyance porte d'ordinaire sur une représentation dont nous savons quelle est plus ou moins imparfaite et inadéquate à son objet. Selon Jacobi, au contraire, la croyance est une représentation privilégiée, qui, nous mettant en contact immédiat avec l'objet, nous donne donc la certitude la plus parfaite qui se puisse concevoir*. Sentir, voir, croire, autant d'actes de l'esprit qui ne se séparent point. « Nous avons une faculté d'inhiition ou de sentiment (la raison), qui non$ révèle l'absolu, et nous disons, de ce que nous savons par ce si*n liment de TespiiC (Gchtc^e^ fïihl), que nous y croyon**, • Le ivlalivemeiil vrai est connu : c'est l'objet de la sdcnco. I/absolumeiil vrai est senti : c'est Tobj^l de la cmyanco. I«a rroyunco est donc bien un « sentiment objectif », c'eî*l-i^-<lin> aecomjiagué de la certitude que son objet est pivscnl. Kl Jacobi l'cvient à sa comparaison habiluellc enlre le ^ sentiment de la raison o el rinlnilion sensible, « De môme que la réalité qui se r«^vèle aux sens exlérieur^ n'a pois Iki.solnde garantie, et qu'elle est elle-niôme à soi-même le plus sûr garant d(^ sa vérilé; de môme la rêalilé qui se i*êvèle à ce sens intérieur et pixifond que nous appelons V9\m\\ n'en a pas besoin non plus. Elle est également A elk-niônio le plus îUir garant de su vérilé. C'esl n^ce^aîr^mefU que riiomme croit à ses sens, c'est /im sifiir&meni qu'il cix)it à sa raison ; et il n'y a pas de certitude au-de**us de celle-là*. »
Cette théorie de la croyance, *i nettement anti-intelleolualisle, ne fait cejK'ndanl point de pari à la volonté. Jacobi
i. 8W, IV, 210.
2. Jacobi rappdlc imsik « liilm .|(>"t •. « L'iiiUilioii r«l \r n-il uuiyrti d'irriwr (i^i>mAMf à U frititudc, ti tïi niii\aiiirrt les .lutix*». Il fdal ixtrt m «iiri^ que lr« «vtiT^ «icwt Atïisi ruitiiitiMà. Kl pour j (orvciiir. Il m y \ d'MVify mojtm que 4f itmrmrr U eh«u> tu iiu^aic* tic C«uft tMjc$, ti ée II mettre dao« Hm rral ic«r. • OinvcrutHo d^ iaoïlii rsêmniv |ur HumlMldt. Ijlitxiiaxx, p. ta*