‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 80 sur 138 · SW, m, i · texte numérisé non relu

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Jacobi ne s'en est pas tenu à un sentiment d'admiration pour l'esprit général et pour les tendances du spinozisme. Il a étudié de près le système ; il s'en est pour ainsi dire imprégné. Presque partout dans sa propre doctrine, pourtant si différente, percent les traces de l'influence subie et acceptée. Il est fi-appé dabord de la parfaite simplicité du spinozisme, de sa rigueur, de ce qu'on pourrait appeler sa probité logique. Il croit le système sans défaut; la forme géométrique de \Ethique lui impose, et les théorèmes de Spinoza lui paraissent aussi démontrés que ceux d'Euclide. Toutes les propositions, pensc-t-il, se déduisent analytiquement des principes posés, et en dernier lieu, du principe suprême et unique : « Ex nihilo nihil. » Déjà en 1781, dans sa réponse à l'article de Wieland sur la Droit divin de l'autorité, Jacobi écrivait : « Parmi ceux qui ont précédé Wieland dans cette voie, Spinoza surtout mérite d'être nommé. Pei-sonne n'a soutenu cette doctrine d'une façon aussi claire, aussi conséquente, avec une rigueur logique aussi parfaite '. » Et Jacobi sefforce de montrer que la théorie politique de Spinoza découle nécessairement de son système. Il le loue ensuite d'avoir été jusqu'au bout de sa pensée : une fois ses principes posés, il fallait en effet nier la personnalité de Dieu, la finalité cl la liberté.

L'éloge est sincère, sans aucun doute, mais il faut lire entre les lignes. Dans la pensée de Jacobi, c'est en môme temps «ne critique contre ceux qui, suivant la môme méthode que Spinoza, et partant des mômes prémisses, prétendent arriver à des conclusions différentes. Spinoza raisonne juste : donc les autres se trompent. Cela porte en plein contre les métaphysiciens tels que Wolff, Mendelssohn

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