‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 88 sur 138 · S\V, IV, 216 (note · texte numérisé non relu

S\V, IV, 216 (note

JACOBI ET LE SPINOZISME 165

En d'autres termes, on ne fait pas au spinozisme sa part. Jacobi reproche à Herder de ne lavoir pas vu, et d'avoir cherché un tempérament irréalisable. Ou il existe quelque réalilé par delà la nature, et alors le mécanisme n'est pas le vrai. Il faut renoncera comprendre l'absolu: c'est la négation du spinozisme, la voie ouverte à la croyance en un Di"eu juste et bon. Ou c'est la nature même que l'on appelle Dieumais alors il faut admetirc avec Spinoza le fatalisme absolu. H laut reconnaître avec lui que l'entendement divin n'a rien de commun avec le nôtre, que Dieu n'est ni bon ni mauvais, qu'il ne se propose pas de fins, en un mot qu'il n'est pas une personne. Et cela môme, selon la définition de Jacobi, c'est l'athéisme.

Or, l'athéisme, Jacobi ne peut pas en souffrir seulement la pensée. H le repousse de toutes les puissances de son âme. Sa conscience, son cœur, sa nature morale tout entière se soulèvent à l'idée que Dieu ne serait point. C'est une protestation spontanée et comme instinctive. Aucune autre n'est nécessaire : aucune autre d'ailleurs ne serait possible. A vouloir réfuter Spinoza, on retomberait dans l'erreur de ceux qui croient démontrer l'existence de Dieu. Si la démonstration est rigoureuse, elle aboutira sans faute au Dieu de Spinoza. Au point de vue logique, nous l'avons vu, Spinoza est inexpugnable. Si l'on accepte le point de départ (la possibilité de rendre intelligible la totalité du réel), on ne peut refuser de <;onclure comme lui. Jacobi lui-môme, s'il était dogmatique, se rangerait parmi ses disciples. « Tu as tort, écrit-il à Herder, de dire que Mendelssohn se bat contre une ombre parce qu'il me croit spinoziste. Pour un dogmatique, je le suis réellement, et quiconque procède par syllogisme et comprend de quoi il s'agit, le sera nécessairement aussi- » Jacobi se gardera donc bien de combattre ce qu'il appelle athéisme (c'est-à-dire toute doctrine qui rejette lapersonna- Jite de Dieu), sur son propre terrain, au nom de la logique.

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