‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 94 sur 138 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Fentendement et de la raison, ni qu'on les sacrifie, sans contrôle ni critique, au sentiment ou à la crovance S'il lui faut parler, il ne cachera pas à quel point là méthode ou pour mieux dire la manière de Jacobi lui paraît faible] et en môme temps dangereuse.

Jacobi, de son côté, dès qu'il n'a plus de raison pour se leurrer lui-môme ou pour dissimuler ses véritables sentiments, change aussitôt de ton. Il écrit par exemple le 9 septembre 90, à Guillaume de Humboldt : « Vraiment Vai grande envie de m'expliquer une bonne fois, tout au Ion- sur la philosophie de Kant... La fortune de cette philoso'phie s'explique, à mes yeux, comme, il y a trente ans, la sensation profonde que fit le livre de VEsprit, et la grande et durable influence qu'il exerce encore aujourd'hui. Aussi ne suis-je pas trop surpris qu'une illusion aussi grossière que celle sur laquelle repose la philosophie morale et la religion de Kant, n'ait encore été dévoilée par personne. Cette illusion môme est plus ancienne que Kant. On peut appliquer à cet homme remarquable, et par plusieurs côtés véritablement grand, un mot excellent de Turgot : « Il a perfectionné les abus *. » Ce langage n'est pas sans amertume. Il est permis de penser que, tout en s'efforçant d'ôtre impartial, Jacobi trouvait excessif l'enthousiasme dont la philosophie de Kant devenait l'objet. Autant le succès en avait été indécis et lent d abord, autant le courant d'admiration était violent maintenant, et irrésistible. Déjà le kantisme s'enseignait dans plusieurs universités. La jeunesse courait à ces leçons et ne voulait plus en entendre d'autres. Jacobi avait été l'un des premiers à comprendre Kant et à lui rendre justice : il se croyait le droit de garder la mesure dans l'éloge. Il voyait sa doctrine reléguée au second plan : quant à traiter Kant en auxiliaire et presque en instrument, Tidée seule en devenait ridicule. Les rôles étaient renversés. C'est Jacobi mainfcnant qui devra se contenter de paraître un modeste auxi-

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