LE MYT11E ET LA RELIGION
sisles, les métonymies, les synecdoches et toutes sortes de métaphore-;. I.i s contradictions que nous avons signalées dans l'universel fantaisiste, et qui le rendent inapte à fonder la doctrine esthétique, sont parfaitement à leur place dans la drclrine du mythe, lequel est justement cette contradiction: un concept qui veut être image et une image qui veut être concept, et, par suite, un besoin, voire une impuissance puissante, un contraste et une transition spirituelle, où le noir n'existe pas encore et où le blanc agon-se, Enfin, la sse poétique, c'est-à-dire la théologie, la physique, la cosmographie, la géographie, l'astronomie et l'ensemble des autres idées et croyances des peuples primitifs, exposées par Vico, était effectivement mythe et non pas, comme il le dit, poésie, pour la bonne raison, qu'il donne lui-même, que c'était là leur histoire ; et la poésie est poésie, et non histoire, et ce n'est pas môme une histoire rendue plus ou moins fantaisiste. Poésie, les poèmes homériques, en lant qu'ils exprimaient les aspirations de l'hellénisme; histoire, .•'•mes poèmes homériques, en tant qu'ils étaient chantés et écoulés comme des récits de faits réellement arrivés; deux formes de produits spirituels qui, s'ils semblent matérieUemeal réunis en une même œuvre, ne s'identifient point par la-même.
Tout cela, Vico le voit et ne le voit pas, ou mieux, tantôt il l'entrevoit et tantôt Le voit de travers, et c'est pourquoi l'on ne peut dire qu'il réussisse à déterminer vraiment la distinction et à résoudre le problème des rapports entre mythe et poésie. On pourrait croire, par contre, qu'un autre problème de la science mythologique, problème important et encore très débattu, à savoir |] le mythphilosophie ou histoire, a été nettement résolu par lui, car il répète souvent que les mythes renferment les conceptions MSTOiuouKs, et non pas i-n n » •>« >in i.ji s s . de> peuples primitifs ; mais, en réalité, li l'on fait hieu attention, un
constate que non seulement Vico ne le résout pas, niais même qu'il ne se l'est jamais posé. Les conceptions historiques que Vico affirme sont opposées proprement non pas aux sentiments philosophiques en général, mais aux t significations mystiques de philosophie très élevée », et aux « significations analogues » que les mythologues qu'il critiquait y retrouvaient, c'est-à-dire que, d'une part, les mythologues refont la critique de l'allégorisme et, de l'autre, combattent ce procédé fautif d'interprétation historique qui attribue aux peuples anciens des idées et des mœurs modernes. Sa théorie se concilie, à dire vrai, autant avec celle qui rapproche le mythe delà philosophie qu'avec celle qui le rapproche de l'histoire ; autant avec la théorie éclectique, qui admet à la fois les deux éléments, qu'avec la théorie spéculative, qui les admet tous deux aussi, mais pour la raison que philosophie et histoire, tant en elles-mêmes que dans le mythe, constituent, au fond, une seule et indivisible chose.
Comme « besoin », le mythe doit être dépassé. L'âme humaine, — qui désire naturellement s'unir à Dieu, d'où elle vient, c'est à dire à la véritable Unité, et qui, ne pouvant, en raison de l'exubérante nature sensuelle des hommes primitifs, exercer la faculté, ensevelie sous leurs sensations trop vigoureuses, d'abstraire des sujets les propriétés et les formes universelles, s'est fabriqué les unités imaginaires, les genres fantaisistes ou les mythes, — résout peu à peu, dans son successif développement, les genres fantaisistes en genres intelligibles, les universaux poétiques en iinivcisaux raisonnes et se libère des mythes. L'erreur du mythe devient ainsi la vérité de la philosophie. Vico connaît et emploie un concept de l'erreur, de Terreur proprement dite, mimant de la volonté et non de la pensée qui, elle, ne se trompe jamais (mens enim sewjnr a vero utgetur quiê nunquam a$pet tu amitiere possnnius Deum), de l'erreur