‹ La philosophie de Jean-Baptiste VicoChapitre 32 sur 48 · L HISTOIRE DE ROME · texte numérisé non relu

L HISTOIRE DE ROME

le « peculium castrensc », pour attirer les jeunes gens à la guerre, puis le « peculium f/uasicastrense », pour les inviter à faire partie de la garde prétorienne, et, finalement, pour contenter ceux qui n'étaient ni soldats ni lettrés, le «peculium adventitium a. Ils enlevèrent l'effet de la puissance paternelle aux adoptions, lesquelles ne furent plus restreintes au cercle d'un petit nombre de parents ; ils approuvèrent universellement les adrogations, quelque peu difficiles cependant parce que des pères de famille ne peuvent que malaisément devenir sujets d'autres familles ; ils réputèrent les émancipations comme des bienfaits et donnèrent aux légitimations « per subsequens matrimonium » toute la valeur des noces solennelles. L' « imperium pateruum », nom superbe qui semblait diminuer la majesté impériale, fut changé etdevint la « patria potestas «.L'humanitarisme de la monarchie s'étendit aussi à cette partie de la famille antique qu'étaient les esclaves, car les empereurs mirent un frein à la cruauté des maîtres envers ces serviteurs et, pour favoriser ceux-ci, élargirent les effets et diminuèrent la solennité des mauumissions ; et le droit de citoyen, qui ne se décernait auparavant qu'aux étrangers notables et qui avaient bien mérité du peuple romain, fut accordé à tout individu Hé i Borne, même d'un père esclave, pourvu que sa mère fût libre ou affranchie. Les peines furent encore adoucies, et tes monarques se parèrent du beau litre de « cléments ». Les textes de lois furent de plus en plus largement interprétés dans un esprit d'équité naturelle, et l'on peut dire que Constantin effaça complètement les formules lorsqu'il établit que tout motif particulier d'équité permettait «le dér aux lois. On arriva juste à l'opposé du i privilégia nr irroganto » des XII Tables, et les privilèges furent tout' exceptions faites aux lois et dictées par le mérite particulier «les faits, mérite qui les met en dehors lions

communes de la loi, La restriction des droits reconnus au\

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divers peuples fut peu à peu abolie : sous Caracalla, on ne fit de tout le monde romain qu'une seule Rome, parce <]m> c'est le désir des grands monarques de faire du monde entier une seule cité, suivant la pensée qu'exprimait Alexandre le Grand en disant que le monde entier était pour lui une cité dont sa phalange formait la citadelle. De l'édit du préteur on passa, sous Adrien, à redit perpétuel de Salvius Julianus, composé presque entièrement d'édits provinciaux.

Avec la monarchie, le droit naturel des gens fait place au droit naturel des nations ; aussi cette forme politique, sociale et juridique est-elle celle qui convient le mieux à la nature humaine lorsque la raison est le plus développée. Avec elle (comme nous avons déjà eu l'occasion de l'indiquer sommairement), on revient de nouveau, après une longue évolution, à cette unité qui existait dans les monarchies familiales des premiers pères, et le « cours » des nations doit être considéré comme accompli. Aller plus loin est impossible : la seule chose possible, c'est que, parvenue à ce suprême raffinement de civilisation, l'humanité se corrompe, se barbarise par la « barbarie de la réflexion » et retombe dans une nouvelle animalité, pour revenir ensuite à une nouvelle barbarie héroïque.

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