‹ La philosophie de Jean-Baptiste VicoChapitre 37 sur 48 · V1C0 ET LE DÉVELOPPEMENT P08TÉRIBUR · texte numérisé non relu

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que leur force n'est pas dans les postulats, mais dans les définitions, et les a fictiones » dont parlait Vico sont rentrées dans la terminologie actuelle desgnoséologues de ces sciences. La logique poétique ou science de l'imagination devint l'Esthétique, si passionnément étudiée par les philosophes, lettrés et artistes allemands au cours du xvm' siècle et à laquelle Kant fit faire un grand pas par sa critique de l'intuition comme concept confus (ce qui était la doctrine leibnizienne),etqui fit un autre grand pas avec SchellingetHegel, lorsque ceux-ci placèrent l'art parmi les pures formes de l'esprit et se rapprochèrent ainsi de Vico. Et le romantisme (spécialement le romantisme allemand, mais aussi, plus ou moins, celui des autres pays), en tant qu'il s'exprima dans des formules théoriques, fut vichien, parce que célébrant la fonction originale de la faculté imaginative^ On vit revenir les doctrines de Vico sur le langage, interprété par Herder et par Humboldt, non plus d'une façon intellectualiste, comme un système artificiel de signes, mais comme une libre et poétique création de l'esprit. La science des religions et des mythes, après avoir abandonné l'allégorisme ainsi que la théorie de la fraude, recounut, avec David Hume, que la religion est un fait naturel, correspondant aux débuts de la vie humaine, alors toute de passion et d'imagination ; avec Heyne, que le mythe est un « sermo symbolictis », produit non pas de l'arbitraire, mais du besoin et de la pauvreté, de la « sermon'* sgesku », laquelle s'exprime « per rerum jfnu tum notant/ii titnilitudines » ; et, avec Ottfried Millier, qu'il est impossible de comprendre le mythe sans rentrer dans l'intimité de l'âme humaine, où l'on en découvre la nécessite et la spontanéité. La religion ne fut plus regardée connut' quelque chose d'étranger ou d'hostile à la philosophie, mime une sottise ou comme uni- surpercherie de fourbes à l'égard des simples d'esprit, mais, ainsi que le voulait Vioo, comme une philosophie rudimentaire, tout ce qui se trouve

dans la métaphysique raisonnée étant déjà, d'une façon ou d'une autre, dans la métaphysique poétique ou religieuse. De môme, la poésie et l'histoire ne furent plus séparées l'une de l'autre, ou opposées l'une à l'autre afin de m détruira réciproquement; et, comme un des giands inspirateurs de la nouvelle littérature allemande, Hamann (sur tant de points semhlahle à Vicopar ses tendances, bien que ne l'égalant pas 'en puissance intellectuelle), l'avait déjà prévu lorsqu'il formulait cet avertissement : « Si notre poésie ne vaut rien, notre histoire aussi deviendra plus maigre que les vaches de Pharaon », un souffle de poésie revivifia l'historiographie du xix° siècle, qui, d'incolore et froide qu'elle était, redevint pittoresque, pleine de chaleur et de vie. La critique de l'utilitarisme conçu par Hohhes et par Locke, et l'affirmation de la conscience morale comme pudeur spontanée et jugement sans aucune réflexion, réap» parurent, bien armées, dans la Critique de la raison pratique, et celle del'atomisme social et du contraclualisme qui fut la conséquence de cet atomisme, dans la Philosuphie du droit de Hegel. La liberté de conscience et l'indifTprentisine religieux, professés et inculqués par les publicistes du xvu' siècle, furent niés en tant que doctrine philosophique, et un peuple sans Dieu sembla à Hegel, comme à Vico, introuvable dans l'histoire et n'existant que dans les balivernes des narrateurs de voyages en des pays inconnus ou peu connus. Continuant l'œuvre de la Réforme, que Vico n'avait pu ni connaître ni exactement juger, la philosophie idéaliste allemande aspira, non pas à extirper de la vie la religion, mais à l'affiner, en donnant valeur spirituelle de religion à la philosophie elle-même. Le certain, le dur certain que Vico, dans le droit, distinguait du vrai, furma nu llième de méditations depuis Tlmmasius jusqu'à kaut et à Tichte, et depuis ces derniers jusqu'aux auteurs les plus récents qui cherchèrent, sans toujours le trouver, le

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