‹ La philosophie de Jean-Baptiste VicoChapitre 42 sur 48 · LES SOURCES DE LA GNOSÉOLOGIE VICII1ENNE · texte numérisé non relu

LES SOURCES DE LA GNOSÉOLOGIE VICII1ENNE

A mon affirmation de l'originalité et de la modernité du critère gnoséologique contenu dans la formule vichienne de la conversion du vrai avec le fait, quelques critiques catholiques pnt opposé que cette doctrine est certainement vraie, mais qu'elle n'appartient pas en propre à Vico et qu'elle n'est rien moins que moderne, puisque purement scolastique. Et si j'en ai jugé différemment, c'est que j'ignore la scolastique.

On pourrait vraiment demander ici comment il faudrait faire pour être tout à fait ignorant de la scolastique, je ne dis pas (ce qui se comprendrait) de ses multiples variétés et du labyrinthe de ses distinctions, mais de son critère gnoséologique fondamental, qui a été le point de départ de la pensée moderne et qui, par suite, ne peut, semble-t-il, être ignoré de quiconque s'est assimilé les premiers rudiments philosophiques. Mais, comme il est bon de toujours craindre qu'on ne soit ignorant et même de se croire plus ignorant qu'on ne l'est réellement, je fais volontiers, pour ma part, acte d'humilité. Mais il m'est plus dur, certes, d'étendre cette accusation d'ignorance à tous ceux qui, comme moi, n'auraient pas remarqué la défroque scolastique de ce critère vichien : à Jacobi qui, lorsqu'il le lut énoncé dans le De antiqirissima, y découvrit la première apparition du kan-

(1) Mémoire lu à VAccademia Pontaniana dans sa séance du 10 mars 1912.

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