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d’une facon simple, claire et évidente. En effet, les partisans de la liberté la plus absolue comme les déterministes les plus conséquents tombent d'accord que dans la vie réelle et courante l'homme $e laisse guider par des motifs déterminés. Disons : par ses passions, par ses besoins, par ses idées. Tout homme normal doit avoir une raison suffisante pour son action. Cela est indiscutable. Seulement le partisan de la liberté déclare qu’il peut choisir entre deux motifs donnés. S'il agit continuellement d'une certaine facon, il pourrait également agir autrement sil le voulait.
L'homme cherche ordinairement, pour prendre un exemple vulgaire mais décisif, à se procurer de la nourriture, et tout ce dont il a besoin pour vivre, mais il pourrait également renoncer à cette préoccupation constante, se suicider, ne serait-ce que pour démontrer qu'il est réellement libre, ne dépendant que de lui-même et de sa volonté de vivre ou de mourir. S'il est esclave dans la réalité, il est toujours un souverain virtuel dans le monde du possible. À quoi l'historien peut répondre. « Je m'occupe exelusivement des réalités historiques, jamais des possibilités, de l’histoire réelle, non de l'histoire possible. Libre ou non, l’homme agit selon des motifs déterminés. Même en admettant que le suicide soit une preuve de liberté — cela est discutable — les hommes se livrent très rarement à ces excentricités. La vie normale est la règle. L'homme cherche à satisfaire ses besoins au risque même de compromettre sa liberté dans l'opinion des partisans du libre arbitre. Pour cela il s’âädapte au milieu naturel et social ou il
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6 LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE | cherche à se l'adapler à son tour. Connaissant tous | les besoins de l'homme et les moyens de leur satis- | faction, c'est-à-dire toutes les relations entre lui et son milieu, l'action réciproque de l’un sur l'autre, je | me trouverai peut-être en état de constater d’une | | façon certaine sa manière d'agir non seulement dans | le passé et dans le présent, mais également dans
l'avenir. Les hommes sont préoccupés, dans leur vie quotidienne, non à résoudre le problème de la liberté, mais à vivre et, si cela est possible, à bien vivre. Et comme les hommes sont, même dans leurs folies — assez fréquentes pourtant — des animaux raisonnants, Sinon toujours raisonnables, on peut souvent prévoir les raisons ou les motifs qui les guideront dans leur action collective et individuelle, admettant même qu'ils sont libres — dans leur for ‘intérieur — | | d'agir sans aucun motif. La question de la liberté ne
me touche donc, moi, philosophe de l'histoire, qu'indirectement. Comme philosophe, je puis l'admettre | | ou la nier. Mais comme historien, je ne connais que £ des homines agissant selon des motifs déterminés et | | assez CONNUS, Ou, pour employer un terme de l'école 4 | « selon Ia loi de là raison suffisante. » :
PP
ET. Le
Il est difficile de dire ce que l'on pourrait objecter “ à ces raisonnements de l'historien philosophe. :
L'historien, comme l’homme d'action, ne connaît que le sens juridique ou pratique du mot liberté. Pour lui, est libre quiconque n’est pas emprisonné = ou entravé d'une facon quelconque dans sa manière
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