‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 3 sur 167 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La première rédaction des études qui suivent, a paru, en 1900 et 1901, dans la Revue socialiste. Je me proposais une double tâche.

Je cherchais à exposer, le plus brièvemént el le plus clairement possible, les principales conceptions historiques ; je voulais rendre compte de te que fut, est et devrait être ce que l'on appelle A la philosophie de l’histoire. J'ai analysé les méthodes et les doctrines dominantes de cette philosophie :.j'en ai relevé les côtés forts ainsi que les points faibles : je

me suis appliqué à mettre de l’ordre dans l’apparent

chaos de systèmes, d’hypothèses, d'idées, de théories et de méthodes qui se croisent et se combattent dans le vaste domaine hi$torico-philosophique et qui pré tendent toutes fournir le moyen de comprendre le Devenir historique, c’est-à-dire la destinée de l'humanité sur notre globe.

En second lieu, j’entreprenais de combattre l’objectivisme doroalique qui cherche à éliminer de la science sociale l’homme, c’est-à-dire le principal intéressé. Cette doctrine — qui croit ne pouvoir bâtir la Science humaine que sur les ruines des besoins, des désirs, des aspirations et des exigences humaines, ou, en d'autres termes, qui croit ne pouvoir faire

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vivre la science de l’homme qu’en supprimant l'homme lui-même — me parait antiscientifique; — et j estime quelle est nuisible au développement de l'hamanité. L'objectivisme se réduit souvent à une apologie — constiente ou non, voulue ou non — d'un ordre social inique et chancelant, devenu de plus en plus intolérable. |

J ai rencontré sur mon chemin la doctrine connüe

sous le nom du « inatérialisme économique » fondée

par Marx et Engels vers la fin de la première moitté du xix° siècle. Certains côtés philosophiques de cette doctrine m'ont induit — à tort ou à raison —- à Ja considérer comme une des manifestations de l’objectivisme social. Et tout naturellement les attaques dirigées contre la doctrine dite « objectiviste » portèrent contre les bases philosophiques du marxisme.

Je n'ai rien à changer à ma critique de lobjectivisme dogmatique. Tout au contraire, je l'aurais voulue

encore plus ample, plus complète et plus incisive. Je

ne puis en dire autant de mon attitude vis-à-vis de ia

doctrine de Marx et d’'Engels. Cetle doctrine vient de

traverser une « crise » salutaire. Quelques partisans très connus de celte théorie — dont limportance extraordinaire n'échappe plus maintenant même à ses adversaires les plus acharnés — sont devenus ses critiques. À la tête de ce mouvement, se trouve Edouard Bernstein. Tout en formulant parfois des

objections assez justes (mais déjà connues) admises :

aujourd'hui par de nombreux marxistes « orthodoxes », — l’école bernsteinienne a profité de cette

« Crise »: pour détacher du marxisme ce qu'il a pu: avoir de plus problématique ét de moins révolution-

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