PRÉFACE III
naire, n'a voulu retenir que cette partie et a prétendu s'en servir pour procéder à une « révision » pratique du socialisme.
En effet, le marxisme d'avant la « crise » ressemblait à l'objectivisme dogmatique de [a sociologie abstraite en ceci qu’il mettait en avant l'évolution oéjective de l'histoire, ou, plutôt même l'évolution quasi-fatale et inéluctable de la production économique. Un certain culte du fait brutal une sorte
d'idolâtrie de la réalité objective s'ensuivit nécessai-
rement. L'école bernsteinienne accepta ce culte, cette :
soumission absolue à la « force des choses ». C'est alors que l’opportunisme socialiste est né. Comme tout système de ce genre, l’opportunisme socialiste n'ose pas prendre la direction de la transformation de la réalité historique. Il en est l’esclave, l'éternel suiveur. Il se méfie de la force de l'idéal — du « but final » — qu'il réduit d’ailleurs à un minimum dérisoire. Il ne croit pas à sa propre force. Et 11 préfère les afliances, les négociations avec des forces étrangères, en un mot la tactique du « compromis » qui, dans la pratique, équivaut souvent à une &bdication.
Il est à noler que la tendance « objectiviste » prend une tournure autrement dangereuse dans l'école bernsteinienne que celle qu'elle avait chez les marxistes de la vieille tradition ou chez Marx lui-même. Les marxistes s'intlinaient devant la réalité économique, parce qu'ils la savaient profondément révolu-
tonnaire. L'évolution économique — telle est Ia
substance d>2 la doctrine — supprimant les anciennes formes de la production et réduisant en poussière les
classes moyennes, développe fatalement le prolétariat,
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