‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 33 sur 167 · PES · texte numérisé non relu

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gènes. Les faits historiques n’admettent donc pas une classification rationnelle, selon un principe unique. L'histoire exclut toute systématisation. £rgo— « l'histoire est un ensemble des connaissances. Elle n'est pas une science. »

Cette conception de l'histoire de Schopenhauer se trouve en concordance avec son pessimisme philosophique. L'homme — qui est le héros principal de l'histoire — est considéré, par cette philosaphie, comme le « Tantale qui puise éternellement dans je tonneau des Danaïdes ». L'histoire est donc nécessairement condamnée à une uniformité stérile et désolante. C'est un désert où la science n'a rien à cueilhr.

Toutes les objections de principe contre la possibilité de ka philosophie de l’histoire peuvent être, en dernier lieu, réduites à ces deux ordres de considérations générales formulées par Schelling et par Schopenhauer. |

Nous avons donc deux points de vue à examiner : l'individualisme absolu du phénomène historique soutenu par Schelling et l'identité également absolue de ce même phénomène proclamée par Schopenhauer.

Ou’est-ce que l’histoire? Est-ce un ensemble de faits absolument identiques Cu une série d'événements absolument dissemblables, présentant un caractère tout à fait particulier à chacun d'eux? Ni l'un, ni l'autre. Le phénomène historique contient des èléments relativement constants, conditionnés par des

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Vient de paraître :

La Philosophie de l’Histoire

par CHaARLes RAPPOPOR1!I

{Deuxième Edition)

Librairie Marcel RIVIÈRE, 31, Rue Jacob, PARIS

1 volume in-16 broché : 9 francs

Rarement-un livre concentre en aussi peu de pages (xxX 252) tant d'idées et de faits d’un exposé aussi clair et accessible au grand publie que la Philosophie de l'Histoire de M. Charles Rappoport.

Les problèmes les plus ardus — lois historiques, la nature et la possibilité de la philosophie de l’histoire, les principales doctrines et les méthodes de la philosophie historique, le rôle de l'individu dans l'histoire, l’évolution des idées politiques, la philosophie marxiste — sont exposés avec une lumineuse clarté et une rare compétence. C’est à la fois un résumé de toute une vaste littérature historico-philosophique et une synthèse qui nous aide à nous orienter facilement dans le labyrinthe des problèmes qui ont un intérêt palpitant, théorique et pratique.

Tous ceux qui s'intéressent aux grandes questions de l’histoire contemporaine y trouveront largement des éléments d’information el des suggestions.

Ce livre, de M. Ch. Rappoport, est écrit dans un esprit absolument objectif et sans aucun parti pris.

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propriétés fondamentales également. constantes — dans certaines limites — de ce qu'on appelle la nature humaine. La « nature humaine » peut se développer; mais nous ne la concevons pas sans un certain nombre de traits généraux et de besoins, comme ceux de nourriture, de reproduction et de sécurité, etc. Autrement, elle ne serait plus « la nature humaine ». L’histoire se répète en tant qu’elle est régie par cet élément constant ne varietur de l'histoire. Les mêmes besoins provoquent lesmêmes fonctions. Les mêmes fonctions engendrent les mêmes organes. Mais à côté de cet élément constant du phénomène historique, qui ne cesse jamais d'être celui de la vie humaine, nous trouvons un élément variable, conditionné par des circonstances de temps et de lieu, dont il est impossible de constater l'identité même dans deux cas différents. C'est le côté variable, l’&raë Àeyouevoy du phénomène historique. Il ne se répèle pas. Une fois produit, il ne revient jamais. | Prenons un exemple. Le grand réformateur relig'eux, Martin Luther, avait des traits individuels à lui qui ne se sont jamais répétés depuis. Son rôle historique les avait également. Il serait absurde d'admettre qu’un homme d’un même caractère intellectuel et moral aurait, à la fin du dix-neuvième siècle. joué le même rôle historique, provoqué par une action identique les mêmes résultats, les mêmes effets qu’au commencement du seizième. Les temps ont changé et avec eux les problèmes historiques à résoudre, les difficultés à vaincre. Nos luttes sont autres que celles du moine de Wittemberg qui se trouve placé au centre de la Réforme. | |

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Mais d'autre part, il y a dans cette fi figure historique, comme dans toute autre, quelque chose d'’accessible

à nous, de compréhensible pour nous, quelque chose de nous-mêmes. En d’autres termes, il y a dans le grand mouvement de la Réforme, des éléments correspondant à nos idées ‘à nos ee S'iln'en était ee ainsi, cet événement historique serait pour nous lettre morte et le nom de son initiateur présumé nous ri inconnu. Au surplus, nous n ‘aurions aucun intérêt à le connaître. Il en est ainsi- pour tout autre fait historique d’une importance conque. Il faut qu'il nous intéresse . qu'il Dit recu dans les annales historiques. Pour cela, il f pris par nous. Or, un fait « du pass

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its de ressemblance, nt avec d Pntes fails historiques. L’individualisme absolu du phénomène historique rendrait l'histoire impossible; et on pourrait comparer deux époques historiques ne à deux Personnes dont chacune parlerait une 1 sage incompréhensible pour l’autre. On ne voit point pat Aer moyens ces personnes pourraient se faire connaître l'une à l’autre. Le passé, qui ne ressemble en rien au présent, n'existe s pour celui-ci. Pas un Dinloei ne le connaîtrait.

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