‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 43 sur 167 · AM À · texte numérisé non relu

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l’histoire. Le fait est aussi caractéristique qu incontestable. « Ni Aristote, ni Platon n’avaient l'idée d’une science ou d’uñe philosophie de lhistoire, aucun de ces penseurs ne considérait l'histoire comme objet d’une science ou comme un domaine spécial de la philosophie générale, aucun d'eux ne trouvait à proprement parler un intérêt scientifique ou philosophique dans l’histoire. » Ces paroles décisives de Robert Flint, le savant historien de la philosophie de l'histoire, n’ont pas soulevé jusqu'ici de contradiction, Ce phénomène demande à être expliqué, car presque toutes nos sciences, surtout toutes nos conceptions philosophiques, ont leur origine dans ce merveilleux atelier de la pensée et de la beauté que fut le monde antique. Cette explication, nous la trouvons dans le caractère même de la pensée antique. Nous la trouvons aussi dans les conditions générales du milieu où cette pensée se développa et grandit sans cesse. Les premiers systèmes philosophiques avaient,

nous l'avons déjà dit, un caractère cosmologique, non

historique. La destinée de l'humanité se confond avec celle de l'univers. Le feu qui, selon Héraclite, dévore l'univers ne fait naturellement pas d'exception pour ses habitants éphémères. À son début, la pensée philosophique n'a pas encore atteint le degré de différenciation indispensable pour pouvoir distinguer un phénomène historique d'un phénomène naturel. Le sujet préféré des philosophes est le Tout. La modestie, née de la conscience des difficultés, est une vertu inconnue pour la science naissante. On veut embras-

ser d’un coup la nature et la vie.

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Quant à Platon et Aristote, un caractère essentiel de leurs systèmes se refuse à toute conception philosophique de l’histoire. Platon médite l'Idée, c’est-àdire ce qui dure éternellement, et non le variable, l'éphémère, qui n’est qu'un reflet passager. L'idéalisme platoñicien est donc par son essence antihistorique. Dans les choses humaines, ainsi que dans la nature, son objet est l’universel ou l'idéal. La vie sociale ne doit refléter que l'idée d’une république

arfaite, éternelle. Le changement comme tel, n’est 2 9 9

pas digne de l'intérêt scientifique. Dans ces conditions, l'histoire ne pouvait devenir une science. Aristote, plus réaliste que son maitre, n'exclut pas, en fait, l'élément historique. I se plaît à faire précéder ses propres théories d'apercus historiques. Il relate les opinions de ceux qui ont traité le même sujet avant lui. Mais théoriquement il s'accorde avec Platon pour dire que l’objet de la science est le parfait, ce qu'il appelle la « forme », et non le devenir, le possible ou ce qui n’est que virtualité. Le fondateur de l'Ethique et de la Logique, le « penseur-géant » comme l'appelait Marx, qui définit pour la première fois la philosophie: la science des premiers principes, n’était pas fait pour créer la philosophie de l’histoire

comme science.

En dehors de ces raisons qui expliquent l'absence de tentatives synthétiques aÿant pour objet l’histoire chez les plus grands philosophes antiques, il y en a d'autres, d’un ordre plus concret.Le chemin parcouru

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