VIII PRÉFACE
notre temps. Saint-Simon et Auguste Comte, les fondateurs de la sociologie positiviste et scientifique, ont consacré tous les efforts dé leur génie pour trouver une doctrine sociale qui fût en état de séduire le plus grand nombre de cerveaux, un corps d'idées capable de mettre fin à « huis intellectuelle » et de diriger vers un but supérieurles sociétés modernes. C'était leur idéal. Ce fut le but suprême de toute leur œuvre. Or, là où ils ont échoué, Marx a réussi. Des millions de socialistes, dans tous les pays civilisés, ont formé des organismes puissants, ayant pour base théorique et pratique la doctrine marxiste. Fo Le marxisme à mis fin à l’anarchie doctrinale des partis socialistes. Il lés a dotés des idées directrices qui les mènent de succès en succès. Et de plus en plus, tous les partisans résolus du progrès sont obligés — tout en faisant des réserves sur le « but final» du socialisme scientifique — de suivre le parti socialiste qui se trouve ainsi placé à la tête du progrès social. Il apparaît, de plus en plus clairement. que le
sort de l'humanité dépend, dès maintenant, de celui
du socialisme.
Les progrès du marxisme, qui à réalisé l'unité intellectuelle d'une élite se trouvant à la tête du socialisme international, rappellent ceux du christianisme. Et dire qu'il s'est à peine écoulé un demi-siècle depuis que cette doctrine fut proclamée au milieu d'une indifférence universelle ! Une fois connu, le marxisme a rencontré une résistance formidable. Mais il a vaincu les résistances et forcé l'attention. À présent, il n'existe pas une doctrine plus débattue dans les milieux scientifiques et plus répandue parmi les