‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 85 sur 167 · LAS · texte numérisé non relu

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C'est le problème fondamental de la philosophie de istoire que nous abôrdons ici. Comme tout proplexe, il RE des discussions nombreuses et des s4 di utions différentes. On peut pourtant réduire les multiples Re faites à l'intéressante le rôle de l'individu dans lhissolutions suivantes :

4\ L'individu est l'agent historique . excellence. Il est, par son action, le créateur du mouvement historique. | | 2) L'individu est lui-même un produit de l'évolution historique.

3) L'individu est, à tour de rôle, tant täntôt le produit de l’histoire.

le ces solutions à trouvé dans i4 philophie de l'histoire ses partisans convaincus, ses dc indistes plus ou moins éloquents.

Première solution. — L'individu est le facteur. le FEAR important et relativement le plus indé épendant de l’histoire. H en est le point de départ et le point d'arrivée, le facteur-moteur, en un mot le principe régulateur et déterminateur de l'évolution. Rien dans

l'histoire sans l’action individuelle. Tout pour et par

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COMME SCIENCE DE L ÉVOLUTION 129 £ À l'individu. Auteur du fait historique, il en est respon- F4 4 4 sable. Il juge le passé et le présent. Il condamne ce - F : qui est contraire à son intérêt, à ses besoins, à son LE | + idéal de justice et de vérité. IL distribue des prix de + | 4 vertu aux siècles passés ou les’ traduit sévèrement £ | 4 devant la « barre de l'histoire » selon leur mérite, au 2 à nom de la moràle individuelle ou du salut public. I Fe | 4 est le dispensateur des glorifications et des ana- | thèmes. Il fait et refait les réputations des siècles et 4 des héros. Il voue au mépris des générations Îles ‘ 4 noms des grands criminels et érige des monuments £ | + :indestructibles aux bienfaiteurs de l'humanité. Il fait | | d'un Attila, d’un Torquemada, d'un Napoléon, dun = | François d’Assises, d'un Pasteur des noms représen- Ë | tatifs, évocateurs, qui, selon l'influence exercée sur +: l'humanité, nous font frémir de terreur ou nous rem è plissent d’admiration. : | Le milieu naturel, le milieu social est considéré par : cette conception individualiste exclusivement comme è le locus standi de l'individu ou comme son arsenal de e moyens de combat ; c est la matière brute que l'action : | individuelle transforme en autant d'éléments de vie ESA et de mouvement. Il est impossible d'ignorer les con- e ditions naturelles et sociales de l'action individuelle. L | Mais l'individu envisage nécessairement les facteurs naturels et sociaux au point de vue de son intérêt | 4

individuel, les classe selon le degré de l'utilité qu'ils peuvent avoir pour Son bien-être matériel, intellectuel ou moral (1)

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(1) L'école sociologique russe, peu connue à l'étranger, À fondée par les remarquables travaux de Pierre Lavroff, 4

i 4 H +, ‘% 1h À 1 LÉ l ï 2: + de : < , 7e À EN : 130 LA PHILOSOPHIE DE L HISTOIRE j | » | | HE Cette solution a trouvé son expression extrême |

ÊTE dans l'aphorisme de Carlyle, souvent cité : « L'His- |

S toire est la biographie des grands hommes. » Elle

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| 2 prend une forme absurde dans la conception de | | l’anarchisme individualiste, dont Max Stirner a donné | ne la philosophie dans son livre paradoxal : L'Unique el

sa propriété. Elle forme l’axiome fondamental, le

point de départ incontestable et incontesté de la à légion des historiens qui ont écrit et qui continuent à |

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écrire l’histoire des batailles, des menus incidents diplomatiques et des intrigues politiques de tous les Li siècles et de tous les pays. Elle se rattache à la con- S ception psychologique de l’histoire. Elle à donc e: tous les défauts et toutes les qualités de celte con- : ception, à laquelle il faut reconnaître, comme je l'ai indiqué plus haut, le grand mérite d'avoir réintégré t 7: l’homme dans l’histoire des sociétés humaines, mais a: qui, d'autre part, en a exagéré démésurément la portée historique. |

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Deuxième solution. — EKÆlle est aussi unilatérale que la première, c'est celle des métaphysiciens à la Hegel, des organicistes et des sociologues qui se Li | disent objectivistes. Les partisans de ces conceptions philosophiques ou sociologiques, en désaccord sur “ Nicolai Mikhaïlovsky et du professeur Karéieff, a Île mérite 51 d’avoir développé cet ordre d'idées avec talent et persévé- Trance.

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bien des points, sont pourtant unanimes à déclarer que l'individu est le produit d'un milieu: Ce facteur d'une nature objective et supérieure à l’action individuelle qui en dépend, s'appelle « Esprit, ». ou « Esprit du temps, » chez Hegel ; « Organisme biologique », chez les organicistes ; « Milieu social », chez les sociologues objectivistes. Toutes ces dénominations différentes, d'une valeur scientifique inégale, contiennent pourtant un principe identique, à savoir la subordination absolue de lindividu à une force

supérieure qui le régit et le détermine dans: son

caractère comme dans toutes ses manifestations.

Dans cette conception, l'individu ne vil plus par et pour lui-même. Il est un « moment » du grand Tout, du processus historique, de l'Idée hégélienne se développant à travers les âges et les nations. Il est une cellule dépendante du principe: de la division du travail physiologique qui domine la société — organisme dont la nature détermine celle des organes et des fonctions.

La théorie organiciste estla confirmation quasi-scien--

tifique de la fable de Menenius Agrippa, rappelant à la plèbe révoltée son rôle de membre inférieur dans le tout organique de la société, dont le cerveau — un cerveau qui, exceptionnellement, ne pense pas — est naturellement réprésenté par la classe dominante, dite supérieure, de l'époque. Dans ia conception objectiviste l'individu estl’agent plus 6u moins soumis d’une organisation déterminée. L'individu s'agite. Il à même l'air de comprendre et de vouloir. Mais tout cela est pure apparence. Des forces sociales supérieures à la volonté individuelle, lui dictent sa

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