‹ La philosophie de l'histoire en AllemagneChapitre 18 sur 48 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

SCllELLING

Quelques-unes des idées contenues dans les Caractéristiques de rdge présent de Ficlite avaient été mises en circulation, peu de temps avant la publication de cet ouvrage,

1. On trouvera de bonnes expositions de la philosophie générale de Schelling dans les Histoires de Ja philosophie de Willm, Schweglcr, Chalybiiiis, Erdmann, Zeller, etc. Rosenkranz a publié en 1843 nn volume de leçons sur Schelling. L'ouvrage de Noack, ScheUing et la Philosophie du romantisme, n'est pas -'crit dans un esprit Irès-bicnveillant, mais il est indispensable. Il est à l'élude de Schelling ce que le livre de Haym est à celle de Hegel. Frédéric Schelling, le fils du philosophe et l'éditeur de ses œuvres complètes, était en train de composer une biographie de ron père, quûnd il mourut en 1863. Le fragment d'environ 200 pages qu'il avait déjà écrit a été inséré dans les trois volumes de la Vie de ScheUing, dans les Lettres (I869-T0) éditées par le professeur Plitt, d'Erlangen. Les deux volumes de lettres publiées par Waitz en 1871, sous le titre de Caroline, éclairent d'une manière fort intéressante la période la plus importante de la vie de Schelling. Ces sources ont été utilisées avec un talent remarquable par Kuno Fischer dans le volume de son Histoire de la philosophie moderne (VI, 1), consacré à la vie et aux écrits de ScheUing et publié en 1872. Son livre sur la Doctrine de Schelling n'a pas encore paru. Il y a un excellent article sur la Vie et les Lettres de Schelling, par un homme qui a étudié ses écrits avec beaucoup d'intelligence et de soin, M. J.-S. Henderson {Fortjiighthj Review, nov. i, 1870;. L'édition complète de ses œuvres est en quatorze volumes, qui sont r^ partis en deux divisions, la première renfermant dix volumes et la seconde quatre. Tous les ouvrages cités dans ce chapitre sont compris dans la première division. Les ouvrages de cet auteur traduits en français sont : Bruno, ou du principe divin, tr. par Cl. Husson ; Ecrits philosophiques et morceaux propres à donner une idée de son système, tr. par Ch. Bénard ; Ide'alisme transcendantal (Paris, Germer Baillière et C'^j.

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par un auteur qui commença sa carrière philosophique en qualité de disciple déclaré de Fichte, le hrillant Joseph- Frédéric-Wilhelm Schelling. Que Timagination ait exercé une influence excessive sur cet homme remarquable, (ju'il ait manqué de suite logique, qu'il ait échafaudé une série de systèmes au lieu d'en construire solidement un seul, qu'il ait ébloui au lieu d'éclairer, qu'il ait entrepris bien au delà de ce que ses forces lui permettaient d'achever, tout cela ne- doit pas nous empêcher de reconnaître que sa nature fut une des plus richement douées et qu'il apporta un contingent considérable d'idées importantes dans presque toutes les parties de la philosophie. Son esprit était accessible aux influences les plus diverses ; la littérature orientale et la littérature classique, le rationalisme théologique du dix-huitième siècle, les principes sociaux et politiques de la Révolution française, Spinoza, Leibnitz, Lessing, Herder, Kant et Fichte, les nouvelles formes de la poésie, les nouvelles découvertes de la science, firent sur lui, dès la plus tendre jeunesse, une impression profonde et durable. A toutes les époques de sa carrière philosophique, il a exprimé des vues générales sur l'histoire; cependant il n'a pas publié d'ouvrage spécialement consacré à ce sujet. Je laisse de côté, pour le moment, ce qu'on appelle sa philosophie positive, dont l'examen sera mieux à sa place dans un chapitre ultérieur : un exposé très-sommaire de ses premières réflexions sur l'histoire doit, quanta présent, suffire.

Parmi les articles que Schelling publia dans le Journal philosophique en 1797 et 1798, sous le titre de Revue générale

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de la littérature philosophique la plus récente, il y a un fragment de discussion sur cette question : Une pliilosophie de riiistoire est-elle possible * ? Il pose cette thèse (Satz) : Une philosophie de riiistoire n'est pas possible, et il s'efforce de le démontrer. Si l'Essai avait été achevé, il aurait posé l'antithèse (Gegensalz) avec sa preuve, et concilié la thèse et Tantithèse, conciliation, ou, selon l'expression de Schelling, solution dialectique (dialektische Lôsung) qui aurait nécessairement consisté à montrer qu'une philosophie de l'histoire, impossible à certains pointsde vue, était néanmoins possible à d'autreségards, ou dans certaines limites. Dans ces fragments, la philosophie est regardée comme une science à priori ; or, selon Schelling, tout ce qui se produit conformément à des lois mécaniques, tout ce qui roule dans un cycle nécessaire, tout ce qui peut êire déterminé, est en dehors de la sphère de l'histoire. A ce point de vue, la philosophie et l'histoire sont évidemment inconciliables; elles s'excluent mutuellelement, et la notion d'une philosophie de l'histoire est contradictoire.

Dans son Système de Vidéalisme transcendantal ^ publié en 1800, Schelling a reproduit et complété les aperçus contenus dans l'Essai dont je viens de parler. Ce nouvel ouvrage nous montre Schelling au moment où il commence à peine à se séparer de Fichte. Il avait compris par degrés que l'idéalisme purement subjectif de la primitive philosophie de Fichte ne représentait qu'un côté des choses ; qu'il était par là même trop étroit, et qu'il supprimait la nature au

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