‹ La philosophie de l'histoire en AllemagneChapitre 19 sur 48 · Œuvres complètes, I, i · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, I, i

444 I.A PIIILOSOIMIIE DE L'IIISTOIIIE

lieu de l'expliquer *. Des influences et des considérations diveises le portèrent à accorder à la nature une importance de plus en plus grande et à se détacher ainsi d'un idéalisme qui se séparait lui-même à l'excès du réalisme, qui glorifiait l'esprit en effaçant virtuellement la matière, qui, en exaltant la loi morale abstraite, refusait toute valeur à l'existence concrète et sensitive. L'histoire lui apprit que le progrès de la philosophie avait toujours été en raison de celui des sciences physiques. Herder avait combattu la philosophie critique, et Gœthe s'était tenu à distance de l'idéalisme qui en était dérivé, jugeant qu'il n'y avait là tout au plus que des demi-vérités; et bien que la polémique du premier n'eût pas eu grand succès, et que la désapprobation du second ne s'appuyât pas sur des raisons décisives, la résistance et la répugnance de tels hommes étaient en elles-mêmes des faits significatifs, et ce qu'ils avaient accompli dans la littérature et dans la science rendait témoignage en faveur de leurs vues théoriques. Le romantisme et toutes les influences mystiques qui s'y trouvaient associées travaillaient, dans l'atmosphère spirituelle, à la fusion entre l'idéalité et la réalité^. La physique expérimentale avait attiré l'attention par

1 . On trouvera, dans les deux derniers articles des Écrits philosophiques du professeur Hoffmann (2e vol.), une exposition très-exacte et très -détaillée des modifications successives survenues dans les opinions de Schelling relativement au principe suprême de sa philosophie, l'absolu (nous ne parlons que de la période dont il est question dans le présent chapitre). J'ajoute qne les Essais du D"' Hoffmann, le plus distingué et le plus fervent des disciples de Baader, sont extrêmement . dignes de l'attention des philosophes et des théologiens.

2. Sur les rapports de Schelling avec le romantisme, le lecteur peut consulter l'ouvrage de R, Haym, l'École romantique (1870;. Si l'on veut com-

Page 1