Œuv. compl., l, VI
SCHELLINO 159
de l'histoire. Dans l'une, la direction est centriliige ; dans l'autre, elle est centripète. Le grand dessein de tout l'univers phénoménal se marque de cette façon dans l'histoire. Les idées, les esprits doivent se détacher de leur centre et tomher pour devenir des êtres particuliers dans la nature, qui est la sphère générale de la chute, pour qu'ensuite, en tant qu'êtres particuliers, ils puissent revenir au sein de l'absolu, où nulle différence n'existe, et, réconciliés avec lui, puissent y demeurer sans le troubler i. »
Cette conception du cours de l'histoire implique évidemment que ce cours n'a pas été un progrès continu ; qu'à un certain endroit il y a eu une révolution brusque ; que la direction où s'avance aujourd'hui l'humanité est opposée à celle qu'elle a d'abord suivie. Dans un ouvrage écrit par Schelling la même année que Philosophie et Religion, mais qui ne fut publié qu'après la mort de l'auteur, je veux parler du Système de la philosophie considérée dans son ensemble f et spécialement de la philosophie de la nature, la notion d'un progrès historique continu est ouvertement attaquée et rejetée ^ L'opinion de Schelling sur le progrès se trouve aussi étroitement unie à cette proposition que le but le plus élevé de tout être rationnel, individu ou espèce, est l'identité avec Dieu , proposition sur laquelle il insiste également dans Philosophie et Religion où elle est associée à la transmigration des âmes, à la vie dans les étoiles, et autres dogmes de même nature.