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^*^Jl^^^^i'^^'^^^ tlans l'esprit, et que la logique tout entière les pénètre et les enserre comme un « réseau de diamant », il s'est sagement abstenu de la tentative d'appliquer ce principe en détail, ou, on d'autres termes, de montrer comment le système dos catégories détermine et explique les faits de l'hisloiro. 11 a laissé celte tâche à ceux dont le sens historiciue était moins pénétrant et moins clairvoyant que le sien. Noaseulemcnt il n'impose pas de force à l'histoire toutes les catégories et toutes les formules qu'il devait logiquement lui appliquer, mais encore il les abandonne, sans le dire, presque toutes, au grand profit, selon moi, du sujet, mais au grand regret des hégéliens purs, dont quelques-uns se sont donné un mal plus qu'inutile pour introduire dans l'histoire les catégories que Hegel avait prudemment laissées de côté. Du reste, en ce qui regarde les subdivisions de la philosophie dp l'histoire, Hegel, nous le savons par son fils, faisait quelque chanoement à chaque lecture de son cours, « quelquefois, par exemple, mettant le bouddhisme et le lamaïsme avant l'Inde, et quelquefois après; quelquefois ramenant le monde chrétien à peu près exclusivement au monde germanique, et quelquefois y faisant rentrer Tempire byzantin, et ainsi de suite. » Mais si Hegel préserva ainsi sa philosophie, dans une mesure beaucoup plus large qu'on ne pouvait s'y attendre, d'un mélange dangereux avec certains points particuliers et certaines théories spéciales de sa logique, il n'était malheureusement pas libre de l'en garantir entièrement. Jl était tenu de convaincre et lui-même et les autres que le monde social,, a^ssi bien que le monde physique, peut s'ordonner d'après
les principes qu'il avait posés et peut ôtre contraint de révéler ses secrets au seul contact de sa méthode. Il était tenu de montrer que Tesprit universel, dans sa marche, à travers le temps, vers la réalisation de son but, la liberté ration nelle, se meut selon une loi et un rhythme dialectique, et se manifeste ainsi dans trois grandes phases ou époques, telles que celles qui ont été décrites. Une formule générale en trois parties, c'était beaucoup moins que ce qu'exigeait le système, et certes c'était le moins que pût offrir Hegel. Maintenant, d'où est tirée la formule particulière qu'il nous a présentée? En partie de l'expérience, en partie de la logique hégélienne. C'est une généralisation grossière des faits de l'histoire, et cependant il fallait découvrir une généralisation de cette nature, ou bien l'hégélianisme n'eût pas été le vrai. Nous touchons ici à un défaut qui se fait sentir à travers les deux philosophies hégéliennes tout entières, celle de la nature et celle de l'esprit. Dans l'une et l'autre, la métliode n'est ni à priori ni à posteriori, ni déductive ni inductive; elle est un mauvais mélange des deux procédés. Au sens rigoureux et propre du mot, elle n'est certainement pas à priori ou déductive, car on observe les faits; même c'est par là que l'on commence, et les formules par lesquelles on les ramène peu à peu à l'unité sont en quelque manière suggérées par les faits eux-mêmes. D'un autre côté, cette méthode n'est pas non plus proprement inductive, car si l'on consulte les faits, c'est pour en obtenir une réponse d'une nature particulière, et qui est exigée par les nécessités du système. Le procédé que suit Hegel pour aboutir à ses gêné-
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ralliés est donc ladicalemcnt mauvais, ni ceci ni cela, ni chair ni poisson, mais un mélange et par suite une contusion de deux procédés qui sont l'un et l'autre légitimes en soi, qui peuvent se servir l'un à l'autre de vérification, mais à la condition expresse qu'ils ne coïncident qu'après avoir été tous deux appliqués d'une manière indépendante. C'est sans aucun doute cette méthode irrégulière et vicieuse qui a lait aux hégéliens une si mauvaise réputation auprès des physiciens, auprès des physiologistes, ceux du moins qui sont prudents et amis de l'induction, et aussi auprès des historiens qui se consacrent aux recherches minutieuses et exactes. Nous pouvons, par suite, comprendre facilement pourquoi les grands fondateurs de l'école appelée historique, un Savigny, un Niehuhr, un Millier, un Dahlman, furent, dès le déhut, des adversaires décidés de l'hégélianisme au point de vue des conceptions et des principes historiques, bien qu'en génétal leurs sympathies politiques les aient rapprochés de Hegel, et nous comprenons encore pourquoi ceux que Ton peut le plus justement regarder comme leurs successeurs manifestent les mêmes dispositions, quelles que puissent être leurs tendances politiques.
Quant à la formule générale que Hegel donne de l'histoire, la loi des trois états, je l'ai déjà examinée en elle-même, quand j'ai parlé de Cousin, qui l'a adoptée, et j'ai montré, je crois, que quand on fait de la substantialité et de l'infinité le caractère distinctif de l'Orient, de l'individualité et du fini' celui de la Grèce et de Rome, de la conciliation entre le substantiel et l'individuel, l'infini et le fini, celui de l'Europe
moderne, on emploie un langage des plus vagues et des plus équivoques, langage auquel on ne peut donner quelque rigueur et quelque précision qu'à la condition d'en faire voir la fausseté. Dire que dans l'Orient un seul est libre, qu'en Grèce et à Rome quelques-uns sont libres, que dans l'Europe moderne tous le sont, c'est là une assertion (est-il besoin de le prouver?) absolument superficielle et insuffisante. Le monde oriental, le monde classique, le monde chrétien ne peuvent pas être ainsi résumés en quelques mots et en quelques phrases. Le mot suhstantialité, par exemple, est tout à fait impropre pour caractériser exactement l'Asie. Pour en rendre l'application vraisemblable môme à la Chine, Hegel est forcé de nous présenter un tableau fort incomplet et trèschimérique de la vie chinoise ; de multiplier les assertions les plus fabuleuses, prétendant que la volonté de l'empereur est regardée dans ce pays comme la seule loi morale et politique , que l'on n'y tient nul compte, dans l'appréciation des actes, de l'intention, du motif, des dispositions subjectives, et qu'on n'attribue aucune valeur, aucune signification à l'individu séparé de l'Etat, à l'homme en tant qu'homme. Il se trouve amené à négliger l'époque féodale de l'histoire chinoise et celle de la division du pays en principautés distinctes, à ignorer que Lao-tse et ses disciples attribuaient à l'Etat un rang très-secondaire et enseignaient l'indépendance de l'individu à peu près comme les stoïciens; — que Yang-Ghoo alla jusqu'à exprimer la vraie loi de la vie par cette formule : « Chaque homme pour soi; » — que Mih-Teih ramenait toute vertu au principe intérieur de « l'amour mutuel uni-