I.EIRMTZ. LSEMN, WEGELIN, ETC
la détermination peuvent découler, soit du principe de diversité, soit de celui de continuité, soit de ce que certaines classes sont exclues de toute participation à la puissance gouvernementale, comme à Rome, soit de ce que toutes les classes sont réunies sous une même loi et dans un môme système de vie, comme à Sparte. Wegelin s'efforce de faire voir comment des Etats ainsi différents par leurs constitutions doivent diflérer par leurs développements; il avance que, pour suivre le cours de leurs mouvements, il serait utile de généraliser les méthodes employées par les géomètres dans Fanalyse et la détermination des courbes; et il soutient cette vérité que Guizot a eu le mérite de rendre populaire, à savoir que Thistoire politique de TOrient a été beaucoup plus simple, beaucoup moins variée et compliquée que celle de l'Occident. Il fait ensuite un assez grand nombre d'observations sur l'histoire de TEglise, sur quelques formes de gouvernement théocratique, sur les hérésies, etc. Puis il passe à l'histoire de ce qu'il appelle la. police, prenant ce mot dans un sens très-large et entendant par là l'administration de toutes les ressources qu^emploie une nation pour améliorer sa condition. Puis, d'une manière plus rapide encore, il parle de Thistoire de la philosophie, do l'histoire de la physique, de celle de la morale, de celle du goût, de toutes les branches de l'histoire de l'esprit humain. Il est alors amené à chercher quelles sont les qualités spéciales d'intelligence et de génie qui sont nécessaires pour faire avancer ces différentes sortes de connaissance. Il termine le Mémoire par quelques remarques sur le caractère,
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les causes qui le modifient, la manière dont on peut l'ana^ lyser.
La plus intéressante partie du quatrième Mémoire, au moins pour celui qui s'occupe de la philosophie de l'histoire, est sans doute celle que forment les six premiers paragraphes ou sections. C'est, en suhstance, une exposition générale, mais précise, de cette vérité à laquelle M. Lecky attache justement tant d'importance , à savoir que les croyances d'une époque ou d'un peuple sont surtout déterminées, non pas par des raisons ou des arguments parfaitement définis, mais par les conditions intellectuelles générales de la société, conditions qui ne peuvent se produire et se modifier que lentement par Faction combinée de toutes les forces de la civilisation. Wegelin établit que, dans l'état de nature, c'est-à-dire quand il est dénué de toute culture, l'homme subit presque passivement l'empire des lois de la vie physique et animale, qu'il est incapable de concevoir une condition meilleure que celle où il se trouve, qu'il ne peut recevoir d'impression que par son imagination, non par son jugement. Avec le progrès de la raison, les changements sociaux deviennent possibles par l'action de la raison; mais la raison des individus est toujours, dans une large mesure, déterminée quant à ses actes par les habitudes générales de pensée et de sentiment qui prédominent dans chaque génération. Au sein de chaque société, le conflit des partis et des opinions engendre une sorte de sens commun, spécial à cette société, qui exerce son influence sur la conduite de tous les membres qui la composent et sur l'ensem-
LKIMMT/, ISKLIN, NNKCIKI-IN, KTC. \j
blc de son liistoire. L'esprit ou le principe de la coiislituliou d'une nation iuiprinient un caractère propre ù son développement et à ses actes pendant le cours entier de son existence. Les causes particulières sont toujours, et à beaucoup d'égards, conditionnées, dirigées, contrôlées par les causes générales. — Vient ensuite un groupe' de sept sections où l'auteur donne les moyens d'analyser une constitution politique de façon à pouvoir en déterminer Fesprit, où il enseigne quels sont les principes naturels auxquels un gouvernement doit se conformer pour être bon et durable, et comment le sentiment patriotique est modilié par la distribution des dignités et des honneurs et par le caractère des individus. Wegelin entre alors dans une discussion sur la méthode d'investigation historique, sur la créance et la valeur qu'il convient d'accorder à ses résultats; cette discussion occupe le reste du quatrième et la totalité du cinquième Mémoire. J'y reviendrai quand j'aurai à m'occuper de la logique de l'histoire ; pour le moment, il me suhit de dire que cette partie de l'œuvre de Wegelin marqua un progrès considérable pour l'époque, dans cette branche de la science.
A.-L. von Schlôzer (1730-1809) fut un beaucoup plus grand historien que les deux écrivains dont nous venons de parler. Son zèle fut infatigable; son activité s'exerça sans relâche dans plusieurs directions différentes; il mit de
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viguLireuscs lacuUés au service d'un grand nombre de sujels relatifs à la théologie, à la philologie, à la statistique, ù Torganisation des sciences politiques, à l'histoire, etc. 11 écrivit et publia beaucoup de savants ouvrages. Il contribua surtout puissamment au progrès de l'histoire, par ses laborieuses recherches sur celle de l'Europe septentrionale et particulièrement de la Russie. Son Histoire générale du Nord^ publiée dès 1772, est une œuvre dont sa patrie a le droit d'être hère. Je ne connais pas d'autre pays qui ait eu à cette époque une aussi bonne histoire de ses voisins.
Néanmoins, l'ouvrage que nous devons mentionner ici n'a pas d'importance et ne nous retiendra pas longtemps. C'est son Exposé de l'histoire universelle (Vorstellung der universal Historié), qui parut à Gœttingue, en 1772-73. Il comprend deux parties; la première est une esquisse de l'histoire universelle , divisée en cinq âges : 1° le monde primitif y qui dure depuis Adam jusqu'à Noé , pendant * une période de 1656 ans; 2° le monde d'avant, de Noé à Gyrus, période de 1770 ans; 3° le monde ancien, de Gyrus à Glovis, fondateur du royaume des Francs, 1000 ans; A"" le monde du moyen âge, de Glovis à Christophe Golomb, 1000 ans; 5° le monde moderne, de Christophe Colomb jusqu'au temps présent (époque où parut le livre de Schlôzer), 300 ans. Chacun de ces âges est étudié à huit points de vue : d'abord, l'auteur en fixe la durée et les limites; puis il en marque les grandes et les petites divisions ; en troisième lieu, il parle des peuples qui appartiennent à chacun ; en quatrième lieu, de la géographie de