‹ La philosophie de l'histoireChapitre 4 sur 41 · DIEU IMMANENT DANS INHUMANITÉ · texte numérisé non relu

DIEU IMMANENT DANS INHUMANITÉ

ainsi que le plus considérable des faits historiques, le christianisme était essentiellement un fait miraculeux, et dans la croyance des chrétiens la nouvelle religion devait mettre fin au monde terrestre, dès qu’elle serait répandue sur toute la terre.

Ce Dieu intervenant par voie miraculeuse dans la destinée des individus et des peuples, est-il le vrai Dieu? La notion de la Divinité et du gouvernement providentiel s’est élargie par le travail progressif de l’esprit humain. Nous ne croyons plus à la grâce miraculeuse qui sauve un petit nombre d'élus, tandis que la masse des réprouvés remplit les enfers; nous croyons que Dieu éclaire tous les hommes de sa grâce et qu’il les sauve tous, en ce sens que tous jouissent d’une vie infinie, et que leur destinée va toujours en s’améliorant. lien est de même du gouvernement providentiel des sociétés humaines. Nous ne croyons plus à une incarnation de la Divinité venant prêcher aux hommes la loi de vie, et les sauvant par un sacrifice mystérieux; nous croyons que Dieu se révèle au monde par l’intermédiaire de la raison et de la conscience humaines; cette révélation ne se fait pas à un moment donné, dans une partie imperceptible deJ’univers, elle est permanente et universelle.

Le changement qui s’est opéré dans nos croyances sur le salut des hommes et sur le gouvernement de la Providence, tient à une nouvelle conception de Dieu. Nous ne croyons plus à une Divinité qui trône hors du monde, dans ce que l’on appelle le ciel ou le paradis, et envoyant son Esprit-Saint ou ses anges pour éclairer les hommes ou pour leur faire connaître scs volontés. Le Dieu que nous adorons n’est pas hors du monde, il est dans le monde. Il n’a pas besoin de nous envoyer le Saint-Esprit pour nous éclairer et nous inspirer, il habite en nous, nous ne vivons que par [lui, c’est sous son inspiration que nous pensons, que nous sentons, que nous agissons. Il n’a pas besoin de s’incarner dans une personne humaine, pour révéler sa volonté et pour faire notre salut; il est incarné dans toutes ses créatures; il nous parle à chaque instant par la voie de la raison et de la conscience; et par cela même qu’il nous inspire sans cesse, il fait notre salut, car le salut n’est autre chose que le perfectionnement incessant de nos facultés.

Dans cet ordre d’idées, il ne peut plus être question du salut

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