‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 115 sur 230 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

n'avait le droit d'intervenir dans les questions de souveraineté chez ses vassaux, ni Gyrus la possibilité de se substituer à son père avant la mort de celui-ci. Je conçois que les Grecs aient mal apprécié cette condition de Texistence féodale, mais nous ne pouvons la traiter aussi légèrement gueux, n Cette confiance dans la bonne règle chevaleresque est admirable après le récit de tous les passe-droits bizarres que nous a déjà contés Thistorien des Perses parvenu en ce point de son œuvre; car les coups de force furent toujours plus fréquents en Orient que partout ailleurs, même entre parents unis par les liens les plus étroits du sang.

. Jusqu'au bout notre homme persistera néanmoins dans ses appréciations fantaisistes. Xerxès convoque u une cour des pairs en règle et suivant Vidéal des assises de Jérusalem (1) n . Alexandre réunit à son tour à Zariaspe un u Parlement» afin de prendre Topinion de la haute noblesse iranienne, d'agir en conformité de vues avec elle ; et l'on y vit arriver a avec leur maison particulière et leurs troupes tous les grands gentilshommes de l'Est (2) n . Enfin, si les satrapes, d'origine sémitique pour la plupart, s'affublent néanmoins de noms iraniens lors de leur entrée en place, ils ne réussissent pas à donner le change par ce subterfuge. C'est absolument comme chez nous, où les ministres bourgeois de la monarchie dévoyée, un Golbert, un Le Tellier, a n'ont pas manqué de se faire agréger à la noblesse (3). » Dernier écho des sentiments d'un Saint- Simon dans ce drame oriental qui, par ses sous-entendus satiriques à l'adresse de la société moderne comme par sa couleur locale affectée, prend parfois, contre le gré de l'auteur, l'aspect d'une bouffonnerie renouvelée de Molière, où des Européens grimés se promèneraient sous le cafetan pour l'ébahissement de quelque lecteur proche parent de M. Jourdain.

(1) T. II, p. 159.

(t) T. II, p. 418.

(3) T. II, p. 300.

LES IRANlEarS DE LA BOKSB LOI

Pourtant, la préoccupation germaniste ne fournit guère que le costume extérieur dans V Histoire des Perses^ qui contient en son fond maints renseignements utiles à recueillir comme contribution à la connaissance parfaite de son auteur. Afin de tirer quelques clartés de ce chaos de faits assez confusément présentés, nous tracerons d'abord la silhouette sommaire de l'Iranien pur, lors de son apparition sur le seuil de Fhistoire, puis, nous compléterons son portrait en Topposant aux six races qui se présentèrent à peu près successivement à son contact : nègres autochtones, Scythes touraniens, Sémites babyloniens. Grecs, Macédoniens et Romains. Aussi bien, nous l'avons reconnu déjà, la négative et, à l'occasion, l'invective sont plus favorables à l'aryanisme gobinien que la description positive et directe des mérites du héros blanc.

Lorsqu'il se retrouve en face de l'homme prédestiné, à peine Horti de ce paradis qui fut le séjour primitif de la race blanche, les dithyrambes de VEssai reviennent d'eux-mêmes se placer sur les lèvres de notre enthousiaste. L'Iranien est un Arian sans conteste puisque son langage est si voisin du sanscrit que certains philologues estiment la différence de ces deux idiomes à peu près égale à celle qui sépare le français de l'italien. Il suffit au surplus de contempler le mode d'existence de cette famille d'élite pour prendre une idée exacte de sa fierté, de sa moralité supérieure. C'est avec « une gravité singulière, une espèce d'étonnement admiratif », qu'Hérodote parle de ces anciens Perses, déjà bien morts de son temps, qui estimaient avant tout la bravoure et la sincérité. Au centre de leurs villes fortifiées s'élevait l'autel du feu sacré, le Pyrée, perpétuellement entretenu et d'où l'on tirait la flamme des foyers particuliers. Car l'instrument ingénieux nommé

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