CHAPITRE II
faubourgs macédoniens, la Perse aimable jusque dans sa décadence sémitique. Il paye donc par une évidente et presque ridicule palinodie Texcès de ses préventions irréfléchies. Rien ne fiait mieux connaître que cette aventure malencontreuse le point faible en une intelligence par certains côtés si brillante, le défaut de la cuirasse en une armure scientifique de si belle apparence parfois.
Et les conséquences mêmes de Tœuvre politique d^Alexandre n'auraient-elles pas dû avertir Tavocat intransigeant de ce dieu néfaste qu'il faisait fausse route dans son panégyrique. Rien ici d'une action favorable sur l'avenir de l'humanité ariane, la seule digne d'intérêt comme chacun sait; rien qui rappelle, par exemple, la grandiose mission de Cyrus. Bien au contraire, Alexandre, de l'aveu de Gobineau, hellénisa définitivement l'Asie, souda le monde araméen à la société ionienne, jeta sur tout l'Orient la teinte uniforme d'une administration grecque ; mince vernis d'ailleurs et dissimulajtit mal les matériaux assyriens qui lui servaient de support. Qu'y a-t-il donc là de glorieux ou de providentiel? Et n'est-ce pas plutôt, à l'égard des rares vestiges de Taryanisme iranien, si affaibli déjà, une déplorable et presque satanique besogne? Sans doute le vainqueur du dernier des Achéménides trouva plus tard l'approbation des Parthes féodaux, dont nous allons voir l'entrée en scène; mais ce fut de son courage juvénile qu'ils se réclamèrent, et non pas des faiblesses maladives de ses derniers jours. Ainsi, nul sophisme, nul témoignage spécieux ne lavera Gobineau du reproche d'inconséquence en ce lieu ; et sans compromettre peut-être sa réputation d'intuitif, que certains de ses fidèles trouvent plus justifiée que jamais dans V Histoire des Perses^ il est évident qu'il y laisse en route les restes de sa bonne renommée de logicien.