‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 136 sur 230 · CHAPITRE II 26T · texte numérisé non relu

CHAPITRE II 26T

m L'oiseau semble appartenir à cette race forte, à dos gris, à yentre blanc, avec Firis de Toeil jaune, que Ton tire aujour* d'faui des pays orientaux de la Caspienne. » Les possesseurs de ces rapaces avaient quelque chose de leurs instincts de proie. Les rois arsacides ne jouirent parmi leurs sujets que d'une autorité précaire, due à la seule valeur de leur bras; le gouvernement demeura toujours entre les mains du « Sénat des Parthes v , comme disaient les Romains, incapables de comprendre le fonctionnement de la constitution féodale. Ce» réactionnaires retournèrent aussi à Tantique doctrine religieuse, par la suppression du prêtre, par la restitution au chef de famille de ses droits de sacrificateur.

Tout cela est bien séduisant pour un aryaniste. Et cependant Gobineau a vu se dérouler sous ses yeux attentifs des spectacles trop différents de cette barbarie guerrière pour goûter maintenant sans arrière*pensée un romantisme si chèrement payé. Nous lui trouvons, ô surprise, Toreille ouverte et le cœur pitoyable aux doléances du bourgeois des bonnes villes. En effet, les cités de Tlran eurent « horreur de ce gouvernement brutale. Il est vrai, jusqu'à nos jours, sans cohé» sion, sans idées communes, elles demeureront malgré elles dans la main des tribus nomades, homogènes et plus capables d'enthousiasme; ne se laissent-elles pas opprimer à l'heure actuelle par une dynastie de Turcs Kadjars, issus précisément des environs d'Asterabad, qui est situé en plein pays parthe? Mais les victimes de ce régime violent ne s'y sont jamais rési* gnées sans protestations; déjà les lois votées par les grands vassaux des Arsacides « ne convenaient nullement à une société devenue très complexe et très cultivée, à ces ville» n^agnifiques, de grandeur surhumaine » .

Et voici que les restrictions se pressent à présent sous une plume jadis si habile à innocenter la hiérarchie nobiliaire de ses plus évidents méfaits. Tout d'abord, les rois fils d'Aresh eurent le tort d'adopter par anticipation le système politique des Capétiens et surtout des Valois, en substituant des princes^ de leur famille aux grands feudataires, étrangers à leur parenté. Or, si les vassaux avaient pratiqué la résistance, les cousins^

8*élevèrent jusqu'à la compétilîon. Ainsi ron verra plus tard en France les princes de la fleur de lys aspirer à toutes les usurpations et ne trouver rien de trop haut pour leurs prétentions ou leurs espérances. Dans Tlran, les mêmes causes affaiblirent à Texcès la maison royale, et, comme la faiblesse se montre volontiers disposée à la violence^ la seconde dynastie arsacide, iranienne par une femme, scythe par ses autres attaches, accentua les défauts de ce système anarchique et restaura avec une vigueur malheureuse le génie guerrier, l'esprit d'indépendance personnelle, le goût de la résistance au pouvoir supérieur! Appliquer Tépithète de « malheureux * à de tels sentiments, quel progrès cela révèle dans Tinstruction politique de notre aryaniste ! Bientôt on atteignit à a l'idéal v du fractionnement de l'autorité, à l'apogée du désordre; on restitua les anciennes institutions avec une passion en définitive aveugle^ et le terme de comparaison qui revient à plusieurs reprises dans ces pages découragées est celui de République polonaise. Oui, Tanalogie se poursuit jusque dans l'existence auprès de chaque seigneur d'un officier héréditaire, commandant l'armée par droit de naissance, et qui, aux côtés du Grand Roi, sous le nom de souréna, n'était « pas autre chose que le grand maréchal des dictes de Pologne » . Un disciple de Gobineau pourra résumer plus tard cette clairvoyante appréciation * par une phrase significative. L'excès de l'acclamation gothique, c'est le liberum veto !

En résumé, a on n'a jamais vu se présenter dans le monde et se balancer sur une aussi grande échelle et avec tant de ressources, de puissance et d'éclat, les avantages et les inconvénients du régime féodal. » Poussé jusqu'aux dernières limites, il créa le désordre et V anarchie; sous ce rapport, la monarchie parthe ressemble assez à ce que fut le royaume de Jérusalem sous les princes croisés : le mal qu'on en peut citer est patent^ et les reproches sont sans réplique! Sans réplique? Un instant, car ici se réveille, sous sa propre injure, le Gobineau de VEssai tout prêt à riposter, u Est-on bien malheureux quand on est si vivace? » Et il s'empresse à répliquer, malgré son aveu momentané d'impuissance. Oui, la liberté excessive

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