‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 140 sur 230 · CHAPITRE II S · texte numérisé non relu

CHAPITRE II S

«ang noble, la Chine tombe enfin dans la décadence dont nous 4iYon8 actuellement le spectacle, à peine interrompue un instant par Ténergie des premiers conquérants mandchous, dont les règlements de caste ont encore aujourd'hui quelque chose <le très arian (1).

Et voilà le plan sommaire d'une Histoire des Chinois que nous nous permettons de recommander à quelque jeune diplomate qui serait un disciple fervent de notre ancien ministre en Perse, tel qu'on affirme qu'il en trouva de son vivant (2).

CABBALB ET MYSTICISME

Afin d'établir mieux encore à quelle puissance d'illusion volontaire atteignit parfois cette intelligence de tournure si particulière, et pour apprendre à excuser à l'occasion les erreurs de bonne foi auxquelles le put entraîner un parti pris d'abord arrêté dans son esprit, ce serait peut-être ici le lieu de consacrer quelques lignes au plus important ouvrage de sa période asiatique, après V Histoire des Perses^ le Traité des écri' tures cunéiformes (en deux gros volumes in-octavo). Il le publia après avoir dit à l'Orient un adieu définitif, en 1864; mais il l'avait annoncé dès la fin de son premier séjour en Perse par une brochure préliminaire : la Lecture des textes cunéi-formes (1858). Nous aurons peut-être l'occasion de revenir aux thèses d'histoire religieuse que renferment ces livres (ainsi que Us Religions dans F Asie centrale). Indiquons seulement que le projet principal de l'auteur était de recommander un nouveau mode d'interprétation de monuments jusque-là fort discutés.

(1) C'est par* une réforme tonte récente (1902) qne Timpéntrice douairière Tient de permettre aux « gens des bannières • , descendants plus ou moins authentiques des conquérants mandchous, de s*unir aux Chinois proprement dite.

(2) (Biographie de VEssat,^. XXIV). M. de Bochecbouart, dont il est question en ce lieu pour son ourrage : Pékin et tintérieur de la Chine (1878), ne nous parait pas avoir suhi de façon bien apparente l'influence de Gobinean.

En s'appuyant sur Tétude de la a ialismanique » , et guidé dans cette voie dangereuse par son savant ami le rabbin MouUa Lalazar Hamadany, il confondit trop évidemment les commentaires raffinés et puérils d'une érudition pour ainsi dire séchée dans sa racine par les préoccupations purement verbales de rOriént moderne avec une interprétation originale et solide -de ces lointains documents du passé : il crut tenir dans quelques formules magiques de bienveillance ou de haine la clef si longtemps cherchée en vain de Tépigraphie mésopotamienne. Et, en conséquence de cette erreur, le plus grand efiFort peutêtre de sa vie érudite a mérité d'être apprécié comme nous allons le dire par un des maîtres de la science, aujourd'hui fixée, des écritures cunéiformes. Dans son article Cunéiformes de la Grande Encyclopédiej M. J. Oppert (contre qui Gobineau polémiquait dès 1858) raconte les doutes qui accueillirent à la première heure les efforts consciencieux des Rawlinson et des Grotefend sur ce terrain ardu. Renan lui-même ne niait-il pas en 1858, dans le Journal des savants, les résultats positifs déjà obtenus à cette époque? Les choses paraissent aujourd'hui si claires, ajoute le vétéran de Térudition orientale, que les jeunes assyriologues ne veulent même plus admettre qu'il ait jamais plané sur ces questions quelque mystère, el ignorent de parti pris les luttes soutenues par leurs aînés pour le triomphe de la vérité. Puis il ajoute en propres termes : « Dans ce temps d'incrédulité au sujet de découvertes réelles, il se produisit des essais d'interprétations oubliés depuis à juste titre, mais qui, dans le temps, n'en contribuèrent pas moins à relarder F heure de la justice. Nous citons les travaux de M. de Gobineau, qui déchiffra quatre fois de suite les mêmes textes cunéiformes, chaque fois d'une manière toute différente, mais toujours avec un égal succès, et qui lut le même texte de sept manières diff^ rentes de droite à gauche, de gauche à droite, de haut en bas^ de bas en haut, diagonalement de droite à gauche, diagonalement de gauche à droite, et enfin symboliquement (1). u On ne peut

(1) Les lettres de Mérimée à Gobineau nous apprennent l'accueil peu £&torable que les professionnels firent dès le premier abord (1859) aux fantaisies du .comte sur la lecture des textes cunéiformes.

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