‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 142 sur 230 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LES tt NOUVELLES ASIATIQUES ii

Après quelques années d'infidélité à TOrient, Gobineau y transporta une dernière fois sa pensée vers 1876, par la rédaction des Nouvelles asiatiques. Le plus accompli peut-être de ses ouvrages, au point de vue littéraire (c'est du moins l'opinion d'un bon juge, celle de M. André Hallays) (1), ce livre porte la marque d'une évolution sensible dans la pensée de son auteur; évolution que nous étudierons tout à l'heure plus à loisir. Gobineau, qui écrit maintenant à Stockholm, est entré dans cette période de sa vie que nous nommerons ascétique, et durant laquelle son impérialisme de jeunesse reparaît pour s'exaspérer jusqu'à prendre le ton d'un individualisme hautain. Aussi, ne voit-il plus du même œil ses gracieux amis persans; non qu'il leur soit tout à fait infidèle, puisque, dans les tristesses de ses dernières années, il songera de nouveau à s'en aller terminer ses jours au milieu d'eux; mais il se montre du moins plus sévère à leur égard et réserve maintenant ses faveurs à ce qu'il croit purement arian dans l'Asie occidentale.

Examinons en eEFèt les trois nouvelles qui ont l'Iran pour théâtre, et les sujets de Nasr-Eddin-Shah pour acteurs. En chacune d'elles, nous retrouvons quelque figure de connaissance, et plus d'un trait de mœurs rencontré jadis dans les pages de Trois ans en Asie. L'Illustre magicien est certainement inspiré par l'aventure véridique d'un prince de la famille royale qui fut berné par un charlatan sans scrupules. Gamber Aly n'incarne pas un personnage moins réel, car nous avions

(1' Voir ton étude sur Gobineau d^wlt Journal des Débats {6 ociohre 1890).

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