‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 191 sur 230 · LA PORTEE DE L OUVRAGE ET SA METHODE · texte numérisé non relu

LA PORTEE DE L OUVRAGE ET SA METHODE

L'ouvrage qui suit chronologiquement la Renaissance dana la production de Gobineau est VHistoire (TOttar^Jarl, phau norvégien, conquérant du pays de Bray en Normandie^ et de^m descendance^ cette descendance comprenant la maison lëe Gobineau. Bien que ce livre n'ait vu le jour de la publiciië qu'en 1879, on assure que sa préparation occupa le comte pen^ dant presque toute sa vie, et nous avons en effet rencontré 'la trace précise des descendants féodaux d'Ottar dans VAphroeis^^ dès 1869. La mision du diplomate eu Scandinavie, son séj^mr dans la patrie d'Ottar, attachèrent plus encore son esprit à la réalisation de ce projet, qui aboutit peu après son retour ^ France et le terme de sa carrière officielle. Une retraite pré}maturée lui fut eil effet assez brusquement imposée par ^€s chefs en 1878.

Ces pages ont une très grande importance pour la psycho*logie de leur auteur, car elles fournissent des renseignemeÀts précis sur son hérédité prochaine, sinon sur sa plus lointaibe ascendance, et mieux encore que ce qu'il était, elles indiquent ce qu'il croyait être, c'est-à-dire les raisons profondes'dè son aryanisme, et par là les sources de son action sur la pensée contemporaine. Il faut avouer par contre qu'en tant qu'historien objectif Gobineau se montre cette fois décidément

inférieur à lui-même. Jamais il n'a déployé de façon plus prodigue les ressources de sa dialectique subtile ; mais les préoccupations qui ramenèrent à imposer aux faits les mieux établis la tyrannie de ses yolontés préconçues sont si évidemment personnelles en cet endroit que le lecteur attentif se cabre malgré lui sous une discipline trop rude au bon sens le moins exigeant. Nous nous excusons par avance de Tanalyse peut-être uu peu minutieuse en apparence de la discussion sans doute un peu subtile que nous allons entreprendre : c'est ici le nœud du problème que nous avons abordé, la clef du caractère corn» plexe dont nous entreprtmes Tétude; si les amateurs de psychologie, de qui nous avons exercé déjà la patience, conservent celle de nous accompagner en ces méandres obscurs duue âme qui se cherche elle-même, ils nous quitteront tout à fait éclairés sur Tesprit étrange et séduisant qui les aura plus d'une fois déconcertés jusqu'ici par ses contrastes inexpliqués. Quant aux scrupules qu'on pourrait ressentir à s'ingérer dans les affaires de famille d'un contemporain, il faut se souvenir, pour en combattre la voix, conseillère de discrétion, que ce passé fut étalé volontairement, à titre d'enseignement, de pi*édication même, sous les yeux du public. Ces confidences lui appartiennent donc incontestablement, et nous n^aurons riea à lui révéler qu'il ne puisse lire directement dans le volume du comte. Naguère un romancier naturaliste offrit toute sa personne à l'examen approfondi d'un médecin philosophe, afin que ce savant consciencieux pût en exposer au grand jour les particularités physiques et psychiques. Gobineau applique de même la méthode expérimentale à l'étude de ses ancêtres, pour leur aspect moral tout au moins, il entend faire Thistoire de la famille ariane après avoir écrit celle de la race dans V Essai et celle de la nation dans les Perses; nous avons bien le droit d'examiner de près, au point de vue ethnique, le document humain qui nous est présenté pour cet objet et de profiter de renseignements qui furent livrés à nos méditations pour notre bien.

FLofin, comme nous paraîtrons peut-être soupçonner l'auteur de mauvaise foi, presque de supercherie, nous tenons à

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