‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 198 sur 230 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

4a personne du comte Joseph-Arthur, qui écrira en eifel quelques lignes plus loin cet aveu stupéfiant de vanité naïve : « Le livre actuel continue VEssai sur t inégalité des races et V Histoire des Perses^ qui n'ont été Jaits que pour lui servir de préface. « En d'autres termes, il considère sa famille et sa personne comme Taboutissemcnt de Thistoire universelle; et cette dilatation maladive du moi est un des caractères pathologiques du moderne intellectualisme, qui ne pouvait faire défaut chez le romantique auteur de VEssai, Mais voici qui est bien plus surprenant encore. En faveur de l'illustration constante de cette maison privilégiée, nous apprenons soudain que la famille est immuable, comme la race d'où elle sort Tesl dans Vessentiel, car « la famille, perfectionnement de la race, n'en serait, en vérité, que la négation, elle en démontrerait le néant, elle ne permettrait même pas qu'on l'eût jamais reconnue, bien loin d'en être le couronnement,. 5tyamai5, à aucune de ses générations, elle pouvait changer. Elle ne change donc pas, elle ne change jamais; ce qu'elle a été au commencement, elle l'est encore à la fin, et, à l'égard de l'Espèce, de la Variété, de la Race, elle est la démonstration de tout l'ensemble, la fleur et le fruit de l'arbre; elle en contient à la fois le germe et la semence, le passé et l'avenir » . Cette dernière phrase est incohérente jusque dans l'expression. Et que devient la théorie gobinienne fondamentale, si la famille masculine ne change jamais? En ce cas, la dégénérescence produite par le mélange est impossible. Nous contemplons ici le désarroi mental d'un homme qui reconnaît, par l'examen plus attentif de ses prétendus titres arians, que sa vie s'est passée à édifier un rempart ethnique inexpugnable contre ses prétentions personnelles. Aussi est-il contraint d'atténuer bientôt, en se remémorant ses enseignements de jadis, les affirmations qu'il vient d'élever contre ses principes théoriques en rêvant à sa propre hérédité. Bien qu'il faille admettre, dit-il, que le principe màle est prépondérant dans le mélange ethnique et que pour ce motif il continue d'exister sur le globe des « Scandinaves et des Saxons, derniers représentants de l'énergie ariane * , il convient d'attribuer aussi quelque importance à l'apport féminin,

et on le fera à l'occasion. Mais, pour en savoir davantage sur une question de cette gravité, « il ne faut pas la presser^ c^est la famille seule qui peut répondre. » Réponse assez obscure, avouons-le, car Tinfluence des femmes nous égare à sa première intervention plutôt qu'elle ne nous éclaire. Le comte nous a dit en propres termes que les filles nobles de Tile de France, les damoiselles franques ou normandes qui furent les compagnes des Gournay, donnaient à leurs enfants la conviction que porter les armes était la seule occupation convenable à un gentilhomme. Il n*y avait pas moyen vraiment, poursuit-il, que les a Glaritie, les Âéline, les Clémence, les Hodierne n'eussent le dégoût du commerce et de ce qui pouvait y ressembler et que, par elles, ce sentiment ne s'infusât jusque dans la moelle de tous les Gournay et de tous les Gobineau v . Or il va nous montrer maintenant les Gobineau bourgeois et commerçants à Bordeaux durant deux siècles sur trois de leur histoire; et même, à ce propos, songerons-nous que le petitfils de ces dignes orfèvres, bonnetiers, marchands de velours et de passementerie avait vraiment mauvaise grâce â nous parler, dans la Chasse au caribou, d'un Cabert enrichi a dans des affaires où il était question de zinc » . Voilà une singulière façon d'établir la conformité des caractères dans les deux échelons successifs de la descendance d'Ottar.

BORDEAUX AXCIBH ET LBS GOURKAY ANGLO-GASCONA

Oui, en dépit de la persistance du principe mâle, ces grand'* mères gasconnes depuis cinq siècles ont quelque chose d'inquiétant; aussi leur petit-fils n'hésite-t-il pas à atténuer, tout d'abord, même au prix d'une nouvelle palinodie, l'impression fâcheuse que pourrait nous apporter leur extraction bourgeoise et méridionale. Il entame à cet effet sur le compte de « Bordeaux ancien n un dithyrambe fort inattendu de la part de ce décidé contradicteur d'Auguste Thierry et de Raynouard. Car

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