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CHAPITRE V

TRANSITION HISTORIQUE DES COURNAY AUX GOBIRBAU

Sî Téclipse de ces derniers fut si longtemps totale, en dépit des mérites divins de leur sang, la faute en est aux circonstances générales créées par la monarchie capétienne qui les déposséda. En effet, afin de supporter sans excès de douleur le sentiment d'une déchéance sociale trop évidente, leur petitfils trouve des consolations efficaces dans une thèse historique qui associe à la chute des Gournay toute la noblesse issue de la conquête franque ou normande. A dater du quatorzième siècle, dit-il, les familles féodales ont disparu, ruinées par les empiétements du pouvoir royal, achevées par les désastres de la guerre de Cent ans. Cette aristocratie principalement agricole, aux mœurs pures, aux habitudes parcimonieuses, fait place à une noblesse valeureuse sans doute, mais vaniteuse, prodigue, essentiellement militaire, propre à la vie de cour, et bientôt à la domesticité royale, a ne connaissant que les rangs, et faisant plus de cas d'un maréchal de France sorti du néant, avec ou sans mérite, que du plus vieux sang de la chrétienté. » Sous la Restauration, certains ultras affectaient d'ignorer la noblesse napoléonienne, et la duchesse d'Angouléme continuait de traiter une princesse de TEmpire comme la fille d*une femme de chambre de son auguste mère. C'est pour les compagnons de Duguesclin et de La Hire que le descendant d'Odin se croit en position de montrer d'analogues dédains. Et que n'a-t-il quelques-uns de ces « militaires n à nous signaler dans sa parenté, et dans sa chronique familiale, où Mélac, ce pandour, à peine son cousin (1), occupera plus tard un chapitre entier?

Certain renard gascon, d'autres disent normand,

(1) Leur parenté n'est pas indiquée d*nne façon précise ; mais Gobineau se montre extrêmement indulgent à ce « soudard cynique, débauché, froidement cruel s , écrit M. P. de Ségur dans sa belle histoire du maréchal de Luxembourg, et dont Villars écrivait : a Sa fantaisie était de paraître toujours furieux et de

a écrit un honnête Champenois, qui semblait hésiter d'avance sur la véritable patrie des Gobineau et contait une aventure de raisins trop verts. Le bois de la treille ne serait-il pas celui dont ou fait les bâtons de commandement? N'importe, Louis XIV demandant la preuve de noblesse jusqu'en 1399 pour l'honneur de ses carrosses est taxé sans ambages d' « absurdité »; car, à cette époque, un chevalier pouvait être déjà a de la plus basse extraction » . Détournons donc nos regards de ces parvenus et dirigeons-les maintenant vers les réserves du sang des dieux qui se conservent pour un avenir brillant à Tabri des regards indiscrets : en un mot, rapprochons-nous de maître Simon Gobineau, bonnetier à Bordeaux au début du seizième siècle et premier ancêtre authentique du comte Joseph- Arthur.

Entre Hugues IV de Gournay, dé[iossédé par Philippe Auguste, et ce digne commerçant bâille une lacune de trois siècles environ. Leur descendant apporte naturellement tous ses soins à la combler de son mieux, et voici comment il s'y prend. Tout d'abord, appuyé tant bien que mal sur de vagues indices de nom et d'armes, il nous présente encore après 1200, dans le Bcauvoisis, un certain nombre de Gournay. Chose curieuse, il les montre alliés aux Rouvroy, ancêtres de Saint- Simon, ainsi qu'aux Boulainvilliers, et ce serait là assurément une des meilleures preuves de l'origine septentrionale du comte, s'il prenait la peine de la relever. Ensuite, à l'appui de la thèse qui fait substituer par les Gournay le nom de Gauvain (ou Gauvinot, Gobineau) à celui de leur fief, il a découvert trois Gauvain de Gournay. L'un, au quatorzième siècle, est cité dans une charte en Beauvaisis. L'autre répare les fortitications de Brest en 1498 (époque où l'un des grands-pères possibles, sinon certains, de Joseph-Arthur, Jacques Guvugnault, est déjà établi à Bordeaux). Le troisième enfin est nommé une fois dans la Gallia christiania pour avoir eu afiFaire à une abbesse du Berry en 1453. Celle-ci conclut une transaction

coucher avec deux grands loups pour ^e donner mieux Tair de férocité. • 11 est probable que l'bôle de Wabnfried s'en tenait à Odin et à Otlar dans ses souvenirs de famille et passait sous silence l'incendiaire du Palatinat.

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