‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 206 sur 230 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Octavien Gobineau qui aurait été au service de Madame comme genUihomme (?); mais aucune justification sérieuse de ce dire n'est indiquée (1).

L'arrière-petit-fils du Gobineau de la Saint-Barthélémy, Jean, parait avoir réellement servi dans sa jeunesse, mais il fit mieux pour l'avenir de sa famille en épousant^ vers 1651, Isabeau de Jeannet, femme de tète qui a préparé les progrés des Gobineau au dix-huitième siècle. Elle fit décidément prendre le de k son mari (1654), s'enrichit par des héritages heureusement préparés sans doute; et elle eut deux fils, dontTatné fut le trisaïeul du comte (nous allons y revenir), tandis que l'autre va nous arrêter d'abord un instant pour la destinée fâcheuse de ses descendants. Ce Pierre- Joseph , assez mauvais sujet, semble-t-il, fut le héros de deux aventures malheureuses : il se vit d'abord poursuivi pour chansons impies et blasphématoires au cours d'un tumulte dans les rues de Libourne, puis compromis dans une rixe où il y eut mort d'homme. Néanmoins, en ce bon pays de Gascogne, les arrêts terrifiants du Parlement, qui parlent de pendaison, de langues percées par des fers rouges, paraissent n'avoir pas grandement inquiété ceux qu'ils visaient. Les choses n'allèrent pas si loin que pour le chevalier de La Barre, Pierre-Joseph de Gobineau s'étant tiré d'afibire avec deux années de prison. Et ce casseur de vitres inspire une véritable sympathie à son petit-neveu, qui retrouve en lui quelque reflet des façons d'Ottar; à ce point qu'un brillant couplet dei Pléiades sur les joyeux soupeurs du dix-huitième siècle fut probablement inspiré par son souvenir. Mais son énergie mal employée prépara un avenir difficile à ses descendants; tandis que leurs cousins s'élevaient au Parlement, ceux-ci tombaient à l'élnt d'humbles vignerons au bourg d'Izon, ou encore de simples soldats dans les armées du roi. L'un de ceux-ci porta le nom

(1) Cette probabilité n'est guère appuyée par une citation de Tallemant des Réaux, qui nomme incidemment (Histoire de la Tanier) une • Mme de Muitblio s , dont Tauteur d*Otiar^arl s'empresse de faire une dame de Gobineau, sur une analogie superficielle. Mais, en examinant les dates, on s'aperçoit que cette tante supposée du comte aurait eu un âge ni'gatif comme le capitaine de La Roque-Tombebeuf, à l'époque où Tallemant mentionne en passant Mme de Monblin.

de Vive tamour et fournit peut-^tre en pays germanique, au cours de ses campagnes, une souche analogue à celle de ces Brin damour^ qui peuplent aujourd'hui la Bavière. Ce rameau desséché de Tarbre odinique s^éteignit en France dans la personne d'un vieux paysan illettré et possesseur de 200 francs de revenu, que le comte Joseph-Arthur parait avoir encore connu lui-même. Ce parent déchu lui inspire quelques réflexions mélancoliques, et, ainsi que tout à Theure il releva la bourgeoisie contemporaine des Colbert en considération des syndics du bourg d'Izon, peut-être serait-il disposé, en faveur de ce Gobineau tâcheron, à réhabiliter les paysans demi-finnois si mal traités dans VEssai,

Les cultivateurs de vieille origine, de race chevaleresque, ne sont pas, dit-il, beaucoup plus rares parmi nous que les gens titrés qui ne sont pas de sang noble. Et de là un désordre dont une nation ne saurait jamais se tirer. De plus, le spectacle lamentable de ce descendant d'Ottar tombé à la rusticité ramène encore une fois la pensée de notre philosophe sur l'influence des immixtions féminines, dont il fut si persuadé jadis et qu'il n'abandonna momentanément qu'en présence de l'évident éclat de sa race, surtout de sa personne. Ses aïeules de vieux sang gascon ne semblent pas l'inquiéter outre mesure; nous avons vu qu'avec un peu de bonne volonté on peut les supposer encore germaniques ou du moins « aquitaines » . Mais Françoise de Cosson fut a de provenance incertaine » ; Isabeau de Jeannet « n'est pas non plus d'une souche très facile à reconnaître » • Et l'ingratitude du comte vis-à-vis de cette dernière, dont nous avons dit la conduite avisée, n'a d'égale que celle qu'il témoigne à sa propre grand'mèrc. Victoire de La Haye, fille d'un fermier général, qui, à la veille de la Révolution, acheva l'élévation de la famille, si heureusement commencée par la précédente aïeule. Gobineau ne trace pourtant pas un portrait bien flatteur de cette dame. Elle s'habillait en homme, faisait de longues courses incognito sous ce coutume et montrait toute tt la frivolité des gens d'argent » ; elle possédait pourtant, notons-le, une énergie froide dont son petit-fils nous a conservé un trait presque Spartiate, qui eût dû lui gagner le cœur du

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