‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 210 sur 230 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Au vrai, nous Tavons vu renier trois fois, tel le pécheur galiléen, ses origines philosophiques et les principes fondamentaux de sa doctrine sociale. En premier lieu, la loi qui dominait l'histoire universelle, Tinfluence empoisonnée du mélange et de la mésalliance, est re jetée par lui et remplacée par la prépondérance du principe mâle, dans Tespoir d'écarter rhérédité fâcheuse de quelques grand'mères dont la provenance est « incertaine » . Puis, la théorie qui expliquait rhistoire de France, et même d'Europe, par les méfaits de la latinité et de l'administration municipale gallo-romaine disparait dans l'apothéose de Bordeaux ancien, dont le but est de relever pour plus de sûreté, et en dépit de la thèse précédente, les grands-pères gascons du comte dans la ligne maternelle (I). Enfin, l'affirmation qui donnait la clef de l'histoire moderne, c'est-à-dire le caractère non arian de la bourgeoisie des dixseptième et dix-huitième siècles, d'où sortirent les ministres de Louis XIV et les législateurs de la Constituante, est contredite et retournée vers son contraire dans le dessein d'exalter les (jobineau, demeurés bourgeois de Bordeaux vers 1650. Le ravage est complet, au moins dans le champ de l'aryanisme nobiliaire. Les disciples fidèles, ne sachant plus que croire, suspectent à bon droit l'ensemble d'une doctrine à ce point fragile dans sa vertu de parade et si prompte à faillir sans scrupules, quand les tentations s'adressent à la vanité de son auteur.

(i) Nous avons dit dans notre chapitre sur les origines de Taryanisme historique que les parlementaires du dix-huitième siècle, collègues des grands-pères du comte, étaient nettement romanistes de tendance contre le germanisme féodal d*un Bonlainvillicrs. Désireux de les exalter, il a recueilli inconsciemment cette portion de leur héritage moral.

Page 1