‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 24 sur 230 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

physique. « Il n*y a pas de doute, c*était la plus belle dout on ait jamais entendu parler. » Ces héros formaient la plus splendide espèce d'hommes dont la vue ait pu réjouir les astres et la terre (1). Éloge dithyrambique, qui donne la mesure de rémotion esthétique, de la passion presque amoureuse que suscite chez un aryaniste convaincu la seule évocation du type de son choix : nous en trouverons d'autres exemples. Et si l'on objectait au plus décidé d'entre ces amoureux que la beauté est affaire de goût, que chaque race humaine, comme chaque espèce animale, l'entend à sa manière, il réfuterait cette hérésie en affirmant de façon tranchante que le beau est a une idée absolue et nécessaire », comme l'a démontré Gioberti dans un tt admirable essai » (2) ; or la race blanche réalise cette idée mieux que toute autre. Voilà qui est péremptoire ; mais, chez Gobineau, nous noterons pourtant dès à présent une particularité assez caractéristique de son tempérament si profondément personnel. Lorsqu'en effet l'on étudie de près Tensemble de ses écrits, on constate avec surprise que l'Aryen ne revêt pas très nettement à ses yeux les caractères anthropologiques que les savants contemporains s'accordent à lui attribuer : haute stature, peau blanche, teint coloré, cheveux blonds, œil bleu; le type germanique, en somme, qui en serait le reflet le plus exact à notre époque. Sans doute, on remarque toujours quelques-uns de ces traits dans ses descriptions, mais avec des variantes qui choqueraient profondément les aryanistes plus récents, formés à l'école de la science naturelle. C'est ainsi que le chevalier qui incarnera la noblesse ariane du moyen âge dans son roman de t Abbaye de Typhaines a des • yeux noirs bien fendus » et des cheveux bruns. Dans YHistoire des Perses j il nous citera comme inspiré par des notions arianes le témoignage d'auteurs musulmans qui considèrent pourtant les yeux bleus comme un stigmate diabolique et les notent chez l'odieux Kédar, un des meurtriers de la chamelle du prophète (3). Dans les Nouvelles asiatiques j l'héritier

•contemporain de Théroïsme arlan sera un Afghan aux cheveux noirs, au teint chaudement basané, comme un fruit mûri par le soleil ; Harriett, TÂnglaise exquise des Pléiades^ montrera des yeux noirs (1). Enfin, dans son dernier ouvrage, où il s'élève au comble de Texaltation aryaniste, le type idéal du Germain, Amadis, a a de longs cheveux bruns » (2), et, loin de se révéler par des formes athlétiques, sa force se dissimule sous une apparence juvénile et « peu robuste encore » . L'explication de ces négligences ou même de ce parti pris est assez facile à trouver. Gobineau ne tient pas grand compte -des caractères anthropologiques de T Aryen, tout simplement parce qu'il ne les possédait pas lui-même. Or, comme il se croyait sorti de la plus pure souche de cette race, comme il estimait en avoir conservé ou renouvelé en lui toutes les énergies, c'est donc que les traits physiques doivent présenter une importance secondaire à titre de signalement, le moral, le •côté ethnique demeurant prépondérant, a II était, dit son biographe, préfacier à" Amadis^ grand, mince et très bien fait. Il avait Tovale de la figure allongé, le teint pâle, le front baut, les traits réguliers, des cheveux qui, autrefois châtain clair, devinrent de bonne heure chaudement argentés. Ses yeux brun doréy très fendus, fixaient volontiers la lumière, etc. « C'en est assez : un Arian ainsi doté par la nature fera prudemment de prêter une attention distraite au poil et aux prunelles de ses frères.

Aussi, lorsqu'il s'efforce de nous présenter TArian primitif, sera-t-il satisfait par une peinture qui s'applique évidemment è des héros déjà métissés. Écoutons la description des enfants prédestinés que célèbre la légende bouddhique (3). « Ces pieux récits montrent la divine créature, aux premiers jours de son berceau* avec le teint blanc, la peau couleur d*or; sa tête doit avoir la forme d'un parasol (c'est-à-dire être ronde et éloignée <le la configuration pyramidale ^\) chez les noirs) ; ses bras

y4. L*aDthn>pologie aryaiu^U cont^iuporûoe reconnait, an contraire, que le

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