‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 26 sur 230 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

nègre ou, tout à Tinverse, un progrès dû à rinitiative blanche. Quoi qu'il en soit, Tauteurse montre fort sympathique aux premiers résultats de Tactivité sacerdotale : la puissance laissée aux collèges de prêtres était « un hommage rendu à Tintelligence » , hommage dont ils se montrèrent dignes par l'organisation géniale des castes, dont Gobineau fait honneur aux brahmanes.

Car il est temps de suivre dans les plaines de Tlnde les Aryas proprement dits, séparés de la souche primitive à laquelle nous donnons leur nom. Il faut en effet relever deux traits véritablement intéressants dans les pages que r£55atleur consacre : la glorification des castes et la condamnation du bouddhisme.

a Le fait d'où le sacerdoce arian s'avisa de faire jaillir ses destinées, loin d'être misérable ou ridicule, devait au contraire lui gagner les sympathies intimes du génie de la race. » Car ce groupe de prêtres philosophes, observant que les nations arianes se trouvaient entourées de peuplades noires innombrables, que déjà les alliances conclues avec les indigènes risquaient de donner bientôt aux nobles Âryas le sort des Chamites imprudents, imagina de fonder tous les droits politiques et sociaux sur la pureté du sang, en sorte que renoncer à ce privilège fut en quelque sorte se dégrader d'une façon aussitôt apparente et visible dans les faits. On sait que l'Inde moderne elle-même a conservé un sens redoutable à cette expression a perdre sa caste » : cela est pire que la mort, et les cipayes se révoltèrent jadis à la pensée que leurs cartouches contenant de la graisse de vache sacrée, ils risquaient, s'ils en faisaient usage, d'encourir cette disgrâce terrible aux yeux de leurs congénères. Écho puissant d'une terreur séculaire dont l'action n'a pas diminué sur les esprits!

"Voici la version fort discutable et discutée d'ailleurs que Gobineau nous fournit sur l'origine de ces cadres sociaux si solidement forgés. Partant de cette observation établie pour eux sur des preuves irréfragables que toute supériorité était du côté des Arians, toute faiblesse, toute incapacité du côté des noirs, les prêtres législateurs admirent comme consé-

quence logique que la a proportion de valeur intrinsèque v chez tous les hommes était en raison directe de la pureté du sang blanc ; et ils fondèrent leurs catégories sociales sur ce principe. Pour former la première caste, celle des brahmanes, ils réunirent donc les familles les plus brillantes, dont ils « supposèrent » le sang plus arian, plus intact que celui de toutes les autres : les Gautama, les Bhrigou^ les Atri. Ce groupe eut le monopole des fonctions sacerdotales, fut déclaré inviolable, sacré, voué à la méditation, à Tétude, à toutes les occupations de l'esprit. Immédiatement au-dessous d'eux-mêmes, ils établirent la catégorie des rois ou guerriers les plus éminents, supposant que cette classe était déjà moins franchement blanche que la leur, ou bien qu'égale en pureté elle méritait néanmoins le second rang par rinfériorité de la vigueur physique devant la vigueur intellectuelle et religieuse. Ce fut la caste des kschattryas ou hommes forts.

Puis vinrent les vayçias, bourgeoisie riche et influente, « supposée » moins blanche que les deux catégories supérieures, vouée au négoce, à Tagriculture, aux travaux pacifiques. En dehors de ce cercle, plus d*Arians, plus d'hommes tt deux fois nés » . Pour les populations indigènes, bien que peut-être un peu apparentées déjà à leurs vainqueurs, pour toute cette foule de manœuvres, d'ouvriers, de paysans qui formaient la base de la société hindoue, les brahmanes composeront une quatrième caste, celle des coudras, qui a reçut le monopole de tous les emplois serviles » . On soumit ses membres à un état de tutelle étemelle, avec l'obligation pour les hautes classes de les régir doucement, de les garder de la famine et autres conséquences de la misère extrême : ils ne furent pas considérés comme purs, et a rien de plus juste, puisqu'ils n'étaient pas arians v . Gobineau ne se lasse pas de revenir sur cette heureuse solution du problème social, trouvant sans cesse de nouvelles formules admiratives pour en célébrer les avantages. « Du grand nombre de ceux dont le cerveau n'était êelairé que par des lueurs incomplètes, de tous ceux qui n^waient \uk$ Tàme prête à subir sans faiblesse le choc du danger, dos yens trop fH9uvres pour vivre libres^ les brahmanes

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