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LA RACE JAUNE

Tenons donc à la race jaune, qui, pour la première fois, apparaît nettement ici comme un des cléments du mélange ethnique. Le problème de ses destinées est assez actuel pour qu'il soit utile de l'examiner dès à présent sous l'originale lumière que projeta la thèse aryaniste à ses débuts. L'Essai accorde même à cette famille humaine une importance considérable dans le passé de notre propre race ; nous apprendrons qu'elle couvrit d'abord l'Europe tout entière et n'a cessé de jouer un rôle ethnique décisif en notre évolution occidentale.

Pour le moment, nous demeurons en Asie, afin d'y examiner la plus antique et la plus typique des civilisations issues de ce groupe de peuples, l'empire chinois, et nous contemplons d'abord le portrait physique de l'homme jaune que Gobineau va brosser sous nos yeux. C'est une esquisse assez fantaisiste, où la passion a plus de part que le sens historique. Les formes du corps sont, dit-il, ramassées, trapues, sans beauté ni grâce, avec quelque chose de grotesque et souvent de hideux. «Dans la physionomie, la nature a économisé le dessin et les lignes; sa libéralité s'est bornée à l'essentiel : un nez, une bouche, de petits yeux sont jetés dans des faces larges et plates et semblent tracés avec une négligence et un dédain tout à fait rudimen-' taires. » Évidemment, le Créateur n'a voulu faire qu'une ébauche, poursuit notre homme, sans s'apercevoir qu'il prête gratuitement au Créateur ses propres animosités, et il conclut par ce trait admirable : a Les cheveux sont rares chez la plupart de ces peuplades; on les voit cependant, et comme par réaction^ e£Froyablement abondants chez quelques-unes et

descendant jusque dans le dos (1) . n Ces gens-là n^ont vraiment de bonne grâce et de retenue en aucune chose.

Passons aux caractères moraux. Supérieurs aux nègres par certaines facultés intellectuelles, les jaunes ne méritent guère d'être placés au-dessus des noirs si Ton examine Tensembie de leur psychologie. L'absence d'imagination, les tendances utilitaires les distinguent, comme nous l'ayons déjà dit. Ce sont des races mâles par excellence en opposition aux prétendues dispositions féminines du noir. Ils montrent beaucoup de ténacité et de suite dans leurs vues, et ce trait les rapprocherait des blancs, s'ils n'appliquaient ces qualités à des idées terre à terre ou ridicules. De cette disproportion entre le but et les moyens naît à la fois leur orgueil profondément convaincu et leur médiocrité non moins caractéristique. Après tout, ail faut aussi en convenir, cette tendance générale et unique vers les choses humblement positives et la fixité de vues, conséquence de l'absence d'imagination, donnent aux peuples jaunes plus d'aptitudes à une sociabilité grossière que les nègres n'en possèdent. Les plus ineptes esprits n'ayant pendant des siècles qu'une seule pensée dont rien ne les distrait, celle de se vêtir et de se loger, finissent par obtenir dans ce genre des résuliats plus complets que des gens qui, naturellement non moins stupides, sont encore dérangés sans cesse des réflexions qui pourraient leur venir par des fusées d'imagination. « Grâce à ces qualités relatives, les jaunes se sont trouvés de tout temps propres à former au moins la partie passive de civilisations d'un ordre élevé.

Voyons-les en action « à la Chine » , comme écrit Gobineau par un souvenir du dix-huitième siècle. Une première difficulté se présente devant notre systématique historien : il a professé qu'une civilisation durable ne saurait s'établir sans la collaboration du sang blanc. Il s'eCForce donc de son mieux à rajeunir contre toute évidence la culture chinoise, afin de pouvoir la faire sortir, comme l'égyptienne, de l'Inde ariane. Puis il affirme alors, sur la foi de vagues documents, que l'Empire

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