CHAPITRE VI
Térilablement à son aise dans la fable, dont il manie avec une dextérité remarquable les vagues et mobiles éléments : qualité acquise sans aucun doute à Técole de l'érudition allemande, qui Ta possédée à un si haut degré. Observons donc avec lui dans sa valeur ethnique ce Deucalion, dont les petits-enfants fondèrent les différentes tribus grecques. Il était fils de Prométhée, un Titan, c'est-à-dire un Ârian, mais aussi de Clymcne, issue de TOcéan, autrement dit une Sémite méditerranéenne. Voilà le mélange attaché aux premiers pas de la race conquérante. De plus, Deucalion épousa Pyrrha, fille de Pandore, et cette belle-mère du héros éponyme avait été formée du limon de la terre; traduisez une autochtone d'origine finnique. Déjà, à la Chine, on nous avait montré Thomme blanc façonnant luimême d'autres hommes du limon de la terre, car a la pensée ariane grecque et ariane chinoise n'a trouvé, à des distances immenses, que le même mode de manifestation pour représenter deux idées complètement identiques : le mélange d'un rameau arian avec des aborigènes sauvages et l'appropri&ition de ces derniers aux notions sociales » . Pour comble d'imprudence, le fils de Deucalion, Hellen, père de tous les chefs de tribus grecques, épousa, lui aussi, une autochtone, car son nom, Orséis, veut dire la Montagnarde.
De la sorte, les Titans arians furent, dès l'origine, souillés aussi bien de noir que de jaune, et les trois ingrédients nécessaires à la commodité de la psychologie gobinienne se trouvent heureusement préparés sur la palette de l'écrivain. Ces héros des temp& mythiques n'en conservèrent pas moins une bonne part de l'énergie blanche, en sorte qu'on les divinisa justement par la suite. Leurs descendants demeurèrent plus semblables à eux-mêmes, plus valeureux, plus consciencieux dans le nord de l'Hellade, parce qu'ils y furent moins exposés aux apports sémitiques de la Méditerranée. Si ces provinces septentrionales, douées de peu d'imagination et de talents, ne fournirent presque rien à l'art, elles se distinguèrent en revanche par les instincts militaires et rudes de leurs citoyens, ainsi que par leur génie pratique : a double caractère dû incontestablement à un hymen de l'essence blanche ariane avec des principes
jaunes, » par lequel fut préparée la grandeur macédonienne et les soldats de la phalan{{[e.
Dans le sud cependant se développait la civilisation brillante qui nous est connue par les poèmes d'Homère. Achille, blond, aux yeux bleus, est un Arian presque pur. Thésée, parcourant le monde Tépée à la main, semble « un vrai Scandinave » , un cousin des Vikings- Pour Ulysse, Gobineau nous offre une bien jolie analyse de son caractère, considéré comme celui d'un Arian sémitisé, d'un homme qui a nommerait certainement dans sa généalogie plus de mères chananéennes que de femmes arianes » . Sa faculté de compréhension est étonnante, et sans bornes sa ténacité dans ses projets ; sous ce double rapport, il est arian. On le voit non seulement ingénieux dans la conception, inébranlable dans la résolution, mais encore habile à gouverner ses passions autant qu'à tempérer celles des autres, modéré quand il le veut, modeste parce que l'orgueil est une enflure maladroite de la raison; et tout cela, avec un peu de bonne volonté, peut encore passer pour floraisons de la souche noble. Mais, courageux seulement quand il le faut, astucieux par préférence, prêt à séduire de sa parole dorée tout imprudent qui l'écoute plaider, c'est le sang sémitique qui parle en lui; Ulysse trahit plus nettement encore les faiblesses de ses pères par son sens artistique : il est sculpteur, ayant taillé lui-même son lit nuptial dans un tronc d'olivier et incrusté merveilleusement d'ivoire cette œuvre délicate. L'auteur de ces lignes ne songeait certes pas en les écrivant que lui-même se passionnerait un jour pour cet art d'origine ambiguë. Enfin il nous eût été précieux d'avoir une psychologie aussi détaillée d'Ajax, a véritable Arian finnois (1), » mais nous devons nous contenter de cette brève indication ou la compléter nous-méme à notre fantaisie. Notons seulement que la nuance du type grec à laquelle appartient le fils de Laërte est destinée à une plus haute, plus rapide, mais aussi plus fragile fortune que sa congénère. La gloire intellectuelle de la Grèce sera Fœuvre de la fraction ariane alliée au sang sémitique^
,1^ T. II, p. 10.