‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 37 sur 230 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ce dernier titre) n'était pas censée constituer une violation d'un dogme de la loi naturelle. Mais, après la séparation des tribus blanches, chacune, « s'imaginant seule de son espèce, » ne se fit aucun scrupule d'user des prérogatives de la force dans toute son étendue, même sur les parents que l'on rencontrait et qui n'étaient plus reconnus pour tels. On eut donc des esclaves blancs et métis, et la restriction égalitaire ne s'appliqua plus qu'aux membres de la cité.

Quittant à regret cette noble Grèce ariane, aux traits si imposants, nous allons entamer l'étude de la Grèce sémitique, qui lui succéda, et qui, après les républiques chananéennes, va nous offrir le second exemple de l'action délétère du sang noir, au moins sur les qualités politiques des blancs. Tandis que les alliances dangereuses croissaient en nombre sur les rivages dentelés de la Méditerranée, on vit d'abord la religion se compliquer et s'abaisser tout à la fois. Cette « fièvre d'idolâtrie » est appelée dans les écoles l'aurore de la civilisation. a Je n'y contredis pas, dit Gobineau; il est certain que le génie asiatique était aussi mûr et même pourri que le génie arian grec était inexpérimenté et ignorant de ses voies futures. Ce dernier, encore étourdi de la longue traite que venaient de fournir ses mâles auteurs à travers tant de pays et tant de hasards, n'avait pas encore trouvé le loisir de se raffiner. Je ne doute pas cependant que, s'il avait eu assez de temps pour se reconnaître avant de tomber sous {influence assyrienne^ il eût mieux agi, et de façon à devancer la civilisation européenne. Peut-être aurait-il donné moins de hauteur aux triomphes artistiques des Grecs, mais leur vie politique, plus noble, plus respectable, aurait été beaucoup plus longue. » C'est donc toujours la durée plutôt que l'éclat qui est proposée comme idéal aux institutions d'un peuple. Mais pourquoi s'aitarder à regretter ce qui ne devait pas voir le jour? Le contraire de ce beau rêve fut réalisé; l'esprit asiatique se vit bientôt en état d'imposer à ce qui restait d'esprit arian un compromis conforme à ses exigences. Même il put, tant il était fort, ne laisser à son associé que des apparences, capables de leurrer sans le satisfaire un goût de liberté si indélébile dans la nature

blanche que, quand la chose n'existe pas, c'est alors surtout qu'on s'efforce de mettre le mot en relief. La démocratie grecque fut donc l'expression de l'esprit sémitique demi-noir, revêtu d'un masque arian; et si l'on songe que, par l'intermédiaire de Plutarque, cette démocratie-là a singulièrement déteint sur nos sociétés modernes, on conviendra que l'analyse présente un intérêt tout particulier.

Le génie de Sem noirci poussait à l'absolutisme complet; mais qui donc allait devenir le dépositaire de ce pouvoir sans contrepoids. Un roi? c'était maintenant demander l'impossible à des groupes hétérogènes qui n'avaient plus assez de cohésion ethnique pour se réunir sur un terrain aussi étroit. D'une part, l'absolutisme sous forme monarchique répugnait aux traditions libérales des Arians, encore écoutées chez leurs descendants; d'autre part, l'esprit sémitique « n'avait pas de fortes raisons de s'y tenir » , étant habitué dès lors aux formes républicaines en vigueur sur la côte de Chanaan. Incapables de se plier à la régularité de l'hérédité dynastique, les Sémites noirs ne souhaitaient pas une institution qui, chez eux, n'avait jamais puisé son origine dans le choix libre du peuple, mais toujours dans la conquête ou dans la violence, et souvent dans la violence étrangère.

On imagina donc en Grèce de couronner une personne fictive, la Patrie^ et on ordonna au citoyen, par tout ce que l'homme peut imaginer de plus sacré et de plus redoutable, par la loi, le préjugé, le prestige de l'opinion publique, de sacrifier à ceiie abstraction ses goûts, ses idées, ses habitudes, jusqu'à ses relations les plus intimes, ^^ous retrouvons ici, comme on le voit, le procédé cher à Gobineau et déjà utilisé par lui dans Tlnde et à la Chine, qui consiste à traduire les insensibles résultats des nécessités vitales et des faits sociaux par rintention préconçue et persévérante d'on ne sait quel législateur anonyme, d'esprit compliqué ou baroque. La constitua tîon despotique de la cité grecque, le dévouement sans bornes du citoyen à la Patrie comme les exigences sans limites de la Patrie du citoyen, sortirent en réalité de l'état anarchique de vvfi nagions exposées à tant d'incursions diverses; l'individu.

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