CHAPITRE VI
main qu'il tombât, il ne supposait pas Texistence d'un droit inhérent à la personne du gouverné... parce qu'il venait en droite ligne de la théorie assyrienne^ parce que ses racines premières, certaines bien qu'inaperçues, plongeaient dans l'avilissante conception que les races noires se font de l'autorité (1) ».
De ce déplorable spectable, on peut se délasser par l'aspect reposant de la Grèce septentrionale. Là, les voisins n'étant pas Sémites, mais Celtes ou Slaves finnisés, le contact de leurs éléments blancs mêlés de jaune ne produisit pas les conséquences à la fois a fébriles et débilitantes » qui caractérisent les immixtions asiatiques du Sud et la promiscuité méditerranéenne. La royauté subsista : on se gouverna noblement avec des notions de liberté qui « possédaient en utilité réelle l'équivalent de ce qu'elles avaient de moins en arrogance... Ainsi le flambeau arian, j'entends le flambeau politique^ brûlait réellement, bien que sans éclairs et sans éclats, dans les montagnes macédoniennes » .
Dans le Sud, au contraire, comme jadis à Tyr et par les mêmes voies, allait s'accomplir jusqu'au bout l'évolution démocratique. Un jour vint où l'on se demanda pourquoi les nobles représentaient seuls la Patrie et pourquoi les riches n'en pouvaient faire autant. Question fort logique, puisque les nobles ne possédaient guère plus de noblesse à cette heure que le reste de leurs concitoyens et que, si le sang sémitique dominait dans les chaumières, il n'avait pas moins envahi les palais, la mésalliance ayant là aussi fait son œuvre, par la nécessité de redorer périodiquement les blasons, a Très promptement, les grandes familles helléniques, considérant l'influence et les gros revenus de certaines races plébéiennes, s'étaient alliées à elles et ainsi dégradées (2). » Dans ces conditions, les riches n'avaient pas tort de prétendre au gouvernement de l'État, mieux placé après tout entre leurs mains qu'il le fut plus tard entre celles des matelots du Pirée et des
(1) T. IF, p. 36.
(2; T. II, p. 38, en njte.
fainéants déguenillés du Pnyx. Car bientôt ceux-ci réclamèrent leur part d'influence, et ils Tobtinrent en effet. Ce fut alors le règne de Tanarchie démocratique dans toute son horreur. Triste bilan, soupire notre philosophe, et, pour en faire Tobjet de Tadmiration des siècles, il n'a fallu rien moins que Téloquence admirable des historiens nationaux, a Sous peine de passer pour des monstres, ces habiles artistes n'étaient pas libres de discuter, bien moins encore de blâmer le révoltant despotisme de la Patrie. Je ne crois même pas que la magnificence de leurs périodes aurait suffi à elle seule pour égarer le bon sens des époques modernes dans une puérile extase, si l'esprit tordu des pédants et la mauvaise foi des rhéteurs théoriciens ne s'étaient ligués pour obtenir ce résultat et recommander l'anarchie athénienne à l'imitation de nos sociétés. On trouva la chose plus belle parce qu'elle était expliquée en grec. » Ce qui se fait sans les Athéniens est perdu pour la gloire, disait le proverbe antique, mais la gloire que dispensent les Athéniens n'a pas, on le voit, le privilège d'éblouir notre aryaniste. Son dégoût va jusqu'à le rendre sévère au culte olympique de la beauté, de la vigueur du corps, auquel certains aryanistes plus modernes rattachent précisément tous leurs espoirs d'avenir; il établit par là une fois de plus que la nuance de son aryanismc propre fut bien plutôt intellectuelle et ethnique que physique ou anthropologique. « Je ne dis rien, écrit-il, des concours déjeunes filles nues dans le Stade; je n'insiste pas sur cette exaltation officielle de la beauté physique, dont le l>ut reconnu était d'établir pour l'État des haras à citoyens vertement taillés, corses et vigoureux; mais je dis que la fin de toute cette bestialité était de créer un ramas de misérables sans foi, sans pudeur, sans humanité, capables de toutes les infamies, et façonnés d'avance, esclaves qu'ils étaient, à l'acceptation de toutes les turpitudes. »
Cependant le peuple grec, « parce qu'il était arian avait trop de bon sens, et parce qu'il était sémite avait trop d'espritw pour ne pas sentir que sa situation ne valait rien. Mais l'énergie lui manqua pour les mesures radicales; il ne sut employer que des palliatifs secondaires. Ainsi Socrate, qui avait vu le