‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 42 sur 230 · LES CELTES · texte numérisé non relu

LES CELTES

Le début du cinquième livre de V Essai n^est pas moins habile que la conclusion du quatrième, bien qu'utilisant des matériaux tout différents : là les productions achevées de Tantiquité classique, ici les fuyantes données de la tradition populaire. Il traite des habitants primitifs de TEurope, et son auteur déploie la plus grande industrie pour nous convaincre que ces premiers occupants furent des jaunes. Dans une hypothèse toute gratuite, qui a été dédaigneusement repoussée par les savants dès son apparition, mais qui est sans influence sur la valeur de sa théorie ethnique, Gobineau tire des peuples jaunes d'Amérique. Ils auraient traversé le détroit de Behring et la Sibérie, pour couvrir à la fois TAsie septentrionale et tout le sol européen aux temps préhistoriques. Ces jaunes ou Finnois seraient le peuple des cités lacustres et des dolmens, monuments mystérieux qu'on retrouve partout sur leurs pas. Et notre auteur appuie son assertion d'une analyse fort ingénieuse, trahissant l'influence allemande par l'intelligence sympathique qui s'y révèle pour les créations de l'àme populaire et pour les données du « folklore » ; car les frères Grimm en Allemagne, devançant La Villemarqué en France, avaient donné les modèles de ce genre d'érudition. Gobineau retrouve pour sa part dans le nain des légendes rustiques la personnification du Finnois, petit de taille, habile dans l'art du forgeron, souvent voleur d'enfants blancs, parce qu'il entend les marier plus tard à ceux de sa race afin de l'améliorer. Richard Wagner a mis quelque chose de ces caractères dans le Mime de Siegfried, dont la cosmogonie rudimcntaire place aussi sous la

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