‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 43 sur 230 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

terre, dans les cavernes, les Niebelungen, nains forgerons; au clair soleil, les Géants arians; dans les nuées, les dieux, parents de ces héros, leurs dignes adversaires et leurs futurs compagnons. Remarquez que les nains sont souvent chauves dans les contes, et souvenez-vous que la débilité du système pileux est un trait spécifique chez la plupart des jaunes; ces derniers se montrent grossièrement sensuels, et a toutes les histoires d'ondines amoureuses, dépouillées des ornements que la poésie y a joints, sont aussi peu édifiantes que possible » On retrouve quelques traits de ces nains dans les Pygmées d'Homère et jusque dans ceux d'Âristote, bien que ce philosophe les place aux sources du Nil, ce qui n'est pas précisément européen. Mais Gobineau ne s'embarrasse pas pour si peu de chose et attribue cette méprise au fait que le précepteur d'Alexandre vivait u à une époque où la mode scientifique voulait que tout vint de TÉgypte ^y . Il relégua donc au delà des cataractes des nains qu'il ne savait pas situer bien exactement.

Les faunes de la fable, le dieu Pan, aux allures grossières, nous sont encore donnés comme allégories de l'homme jaune €t comme témoignages de son immense diCFusion européenne. Enfin, un développement linguistique éblouissant de verve et d'abondance, mais dont les profanes même pressentent les gratuites audaces, achève la mise au jour de la base finnique, sur laquelle reposerait l'édifice ethnique de l'Europe contemporaine.

Ces tribus jaunes se virent de bonne heure conquises par -des nations blanches, soit arianes, telles que les Thraccs et les lUyriens, pères des Albanais; soit encore slaves, telles que les Ibères et les Étrusques, qui joueront un rôle capital dans la fondation de Rome. Retenons donc que ces derniers sont des Slaves finnisés. Leur religion à elle seule trahirait la présence assurée du sang jaune, si l'on acceptait cette ingénieuse analyse morale : m Tandis que le prêtre chaldéen, monté sur une des tours dont le relief de Babylone ou de Ninive était hérissé, suivait la marche des astres et apprenait à calculer leur orbite, le devin étrusque, gros, gras, à large face, errant, triste et

e£Faré, dans les forêts et les marécages salins qui bordent la mer tyrrhénienne, interprétait le bruit des échos, pâlissait aux roulements de la foudre, frissonnait quand le bruissement des feuilles annonçait à sa gauche le passage d'un oiseau, et cherchait à donner un sens aux mille accidents vulgaires de la solitude. i> Qui ne reconnaîtrait là Tesprit chinois, tendant a à rhébétement, comme le sémite tend à Taffolement (1) » . Nous Tavons dit : pour Gobineau, la préhistoire du blanc dans le Nord apparaît aussi évidemment teintée de jaune qu'elle Test de noir vers le Midi.

Mais Talluvion blanche qui modifia surtout ces tribus mongoliques fut déposée à la suite de la conquête celtique ou gailique. Ce sont ici nos ancêtres qui entrent en scène, et nous devons nous arrêter quelque temps à leur psychologie, comme à celle du plus important mélange blanc-jaune, du fondement ethnique de l'Europe occidentale, mère elle-même de la civilisation contemporaine.

Les Celtes primitifs ou Galls devraient, en bonne logique, embarrasser assez sérieusement Gobineau. De corps, ce sont de véritables Arians, si Ton en croit les textes classiques, qui les montrent grands, blonds, de peau très blanche. Et ceci n'est pas surprenant au sortir de la pureté asiatique, où tous les blancs devaient avoir à peu de chose près le même aspect, les Arians proprement dits n'étant guère distincts de leurs frères celtes et slaves, de leurs cousins sémites et chamîtes. Mais pour le tempérament les choses se gâtent, et l'interprétation ethnique devient fort gênante. Les Celtes apparaissent, d'une part, courageux jusqu'à l'excès; de l'autre, légers et changeants jusqu'à la frivolité. Ainsi les a dépeints César; ainsi les voit jusqu'aux temps modernes un élève de Nietzsche qui cherchait hier encore leur rôle dans le mélange européen (2).

(1) T. II. p. m.

(2) Driehmans, Das Keltentum, Leipzig, 1900. Voici une anecdote caractéristique lur la légèreté du Celte Richelieu. « Au cours d'une délibération importante sur les affaires de l'État, en présence de la reine-mère Marie de Médicis, il imagina soudain d'exécuter un pas de danse frivole, une sorte de cancan. Et In souveraine fut si choquée de cette attitude qu'elle ne voulut plut rion avoir h faire avec Richelieu. » (P. 20.)

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