CHAPITRE VII
des opinions plus clairvpyantesy repoussent comme n'hélant autre chose que la mise en commun de tous les rices et Tayènement de toutes les servitudes » . Par de telles dispositions, les Slaves ont tenu dans TEurope orientale le même emploi d'influence muette et latente, mais irrésistible, que remplissaient en Asie les masses sémitiques. Comme ces dernières, ils ont formé le marais stagnant où s'engloutissaient après quelques heures de triomphe toutes les supériorités ethniques. « Immobile comme la mort, actif comme elle, ce marais dévorait dans ses eaux dormantes les principes les plus chauds et les plus généreux, sans en éprouver d'autre modification, quant à lui-même, que çà et là une élévation relative du fond, mais pour en revenir finalement à une corruption générale plus compliquée (1). » C'est ainsi que, dans les mélanges dont il avait paru d'abord juger plus équitablement les conséquences, le sentiment aristocratique de Gobineau persiste en somme à ne rien voir que diminution pour les bons; et bien rarement prétera-t«il quelque attention au perfectionnement relatif que les médiocres y doivent pourtant puiser en revanche.
Laissons comme lui les Slaves à « leurs humbles travaux » et jetons un dernier coup d'œil d'ensemble su r les conséquences morales pour l'humanité des deux grands mélanges de races, le blanc-noir et le blanc-jaune. C'est encore là une page brillante, sinon parfaitement raisonnée, et dont il faut goûter la saveur psychologique. Si l'on consulte, dit Gobineau, les moralistes pratiques les mieux écoutés par les deux catégories, on est frappé de l'éloignement de leurs points de vue. Pour les penseurs de l'Asie sémitique et mélanisée, la sagesse véritable est de se soumettre au plus fort, de ne pas contredire qui peut vous perdre, de se contenter à bon marché pour braver en sécurité la mauvaise fortune. L'homme vivra dans sa tête ou dans son cœur, touchera la terre comme une ombre, y passera sans attaches, la quittera sans regrets. L'ascétisme : brahmanique, bouddhique, stoïque, chrétien peut-être, est
(1) T. II, p. 180.
donc ici nettement rapporté à l'alliage nègre, et il importe de retenir cet aveu.
Les guides de la pensée occidentale, celtique et finnisée ne donnent pas à leurs disciples de pareilles leçons. Ils les engagent à savourer Texistence le mieux et le plus longtemps possible. La haine de la pauvreté est le premier article de leur foi, tandis que le travail et l'activité en forment le second ; se défier des entraînements du cœur et de la tète est la maxime dominante, jouir, Tinitial et suprême mot d'ordre. Si, moyennant l'enseignement sémitique, on fait du plus beau pays un désert, en suivant le conseil finnois on couvre le sol de charmes et la mer de vaisseaux. Mais un jour, méprisant l'esprit et ses jouissances impalpables, on tend à mettre le paradis ici-bas, et finalement à s'avilir (1).
Ainsi, l'aboutissement de l'alliage noir serait l'ascétisme mystique, tandis que celui du mélange jaune serait le matérialisme économique. Il resle pour l'instinct blanc le paradis dans 1 au-delà, l'esprit a avec ses jouissances impalpables » . Impalpable à plus juste titre nous apparaît cette première ébauche de la psychologie blanche, et la suite de VEssaî ne nous renseignera pas beaucoup davantage. Résumons-en les leçons actuelles. Après avoir englouti Chamites et Sémites dans le noir, Gobineau a impitoyablement submergé dans le jaune une partie des Japhétides, les Celtes et les Slaves, réservant par là aux seuls Arians la représentation désormais exclusive de la pure énergie blanche. Encore la plupart de ces héros se sont-ils enlizés déjà, soit dans le jaune en gagnant la Chine, soit dans le noir en touchant l'Inde, l'Iran, TÉgypte, la llellade. Les Germains, descendants des Sarmates, vont enfin demeurer l'unique aristocratie du monde, jusqu'à l'heure où ils s'enfonceront à leur tour dans les boues du celtisme jauni et de la romanité noircie.
,1) Sémitet rêveurs contre Celte» utilitaires, voilà qui nous embarrasserait si nous songions pour fixer nos idées à Israël et à Armor. Il faudrait mettre en jeu bien des causes secondes pour expliquer de pareilles exceptions aux règles ethniques de VEuai.