CHAPITRE VIII
qucc d'un sceau particulier, et qui mentait à Tinstinct italiote déjà par cela seul qu'elle existait » . Et voici des accents de mépris que la Grèce n'avait subis du moins que sur le terrain politique, mais qui ne sont pas épargnés dans le domaine de . Tart à sa maladroite élève. » De la plèbe la plus vile ou de la bourgeoisie la plus humble, exposées surtout à Faction des apports sémitîséSy sortirent les plus beaux génies qui ont fait la gloire de Rome... Ces hommes étaient de grands esprits, mais non pas des Romains à parler chimie. Quoi qu'il en soit, la littérature naquit, et avec elle une bonne part, sans contredit, de l'illustration nationale, avec la cause du bruit qu'a fait le reste; car on ne disconviendra pas que la masse sémitisée d'où sont sortis les poètes et les historiens latins dut à son impureté seule le talent d'écrire avec éloquence, de sorte que ce sont les doctes emphases de bâtards collatéraux qui nous ont mis sur la voie d'admirer les hauts faits d'ancêtres qui, s'ils avaient pu reviser et consulter leurs généalogies^ n'auraient rien eu de plus pressé à faire que de renier ces respectueux descendants. » En effet, la richesse, source des mésalliances, avait commencé ses ravages; après avoir reçu dans ses veines le sang de mères orientales et d'affranchis grecs ou syriens, le marchand, riche de son trafic ou de ses extorsions, montait aux premiers rangs de la société. On ne « savait d'où sortaient tant d'opulents personnages n , mais Ton épousait leurs filles, et l'on faisait de leurs fils des chevaliers romains.
Le sud de la Gaule, et il importe de retenir cette leçon pour comprendre les destinées de la France, participa largement à cette recrudescence de la corruption méditerranéenne. Les populations phocéennes, très sémitisées, avaient commencé là l'œuvre néfaste, et « l'homme de la Provincla fut peut-être le spécimen le plus mauvais de tous les alliages opérés dans le sein de la fusion romaine » . La fusion, c'est là le caractère propre de la domination latine aux yeux de Gobineau ; c'est son péché originel, pour ainsi dire, puisqu'il s'était exprimé dans sa naissance même : c'est son crime en tout cas que d'avoir hâté l'amalgame ethnique entre les fractions de l'humanité qu'elle avait soumises par les armes et auxquelles elle
assura le dangereux bienfait de la paix romaine. Voyez les municipes gaulois, par exemple, où allaient et venaient à la fois des légionnaires syriens ou égyptiens, de la cavalerie cataphracte recrutée en Thessalie, des troupes légères débarquées de la Numidie et des frondeurs baléares. Tous ces guerriers ou fonctionnaires exotiques, au teint cuivré de mille nuances, ou même coloré jusqu^au noir pur, passaient incessamment du Rhin aux Pyrénées et modifiaient la race à tous les étages de la société.
D*un pareil brassage d^éléments hétéroclites, accompli simultanément dans toutes les provinces de TEmpire, est enfin sorti ce chaos des peuples^ cet objet du suprême dégoût de Gobineau, dont le vocable injurieux a fait fortune, car nous le retrouverons largement exploité sous la plume d^aryanistcs plus récents. Ce terme méprisant est devenu dans le langage spécial de Técole un synonyme de celui de Romanité, qui n'est pas prononcé d'ailleurs avec moins de dédain. Et le comte nous affirme que les faits sociaux traduisirent bientôt clairement cet état de choses. Ainsi l'hérédité monarchique ne régla jamais la succession au trône des Césars, parce qu' a à dix lieues de Rome on n'aurait ni compris ni admis l'illustration d'une race sabine » . Au lieu que dans l'Asie hellénistique, si mélanisée pourtant, on n'oubliait pas, malgré tout, l'ancien prestige des vieilles souches macédoniennes, et on ne leur contestait ni la gloire supérieure ni les prérogatives dominatrices; c'est par hasard seulement que les premiers empereurs furent enfants de la Ville. Bientôt se succédèrent dans la pourpre Italiotes, Espagnols, Africains, Syriens, Arabes, Pannoniens... tous les pouvoirs de Vimperium furent prodigués à un homme, jamais à une famille ou à une race. Autre argument contre le chaos des peuples : le droit romain, si vanté comme l'œuvre propre du génie latin, est en réalité syrien d'origine : il est né sous le patronage de la « Providence » , cette divinité vague et éclectique, commode à des voisins a qui ne veulent pas se disputer (1) » . Les éléments de cette légis*
(1) T. II, p. 266.