CHAPITRE IX
le mot Germain, il vient d*Âriman ou homme arian ; celui de Teuton ou de Teusch, qui désigne TAUemagne contemporaine, est purement celtique et fut accepté par les générations ultérieures des Ârians à la suite d'un emprunt, assez justifié d'ailleurs au point de vue ethnique, comme nous le verronsw La proximité de si nobles voisins se fit bientôt sentir aux Celtes plus ou moins finnisés répandus dans la région qui fut plus tard la Germanie. Les Cimbres et les Teutons en furent d*abord touchés et en devinrent capables de vaincre Rome, car « cette première alluvion fit grand bien aux nations qu'elle pénétra « . Yercingétorix était un de ces Celtes arianisés, et dans Arioviste, dont le nom signifie « hôte des Arians » , simple titre générique des chefs d'expédition, il faut reconnaître un Arian plus pur encore, puisque, noble, intelligent, courageux, l'adversaire de César se révèle comme « un conquérant politique de la plus haute espèce » . Néanmoins, tous ces brillants guerriers, les premiers parvenus aux frontières de l'Empire, furent rapidement celtisés ou slavisés et disparurent en régénérant légèrement les masses alourdies qu'ils atteignirent. Mais ils ne formaient que Tavant-garde des Arians germains. La vraie source des grandes invasions est Scandinave et gothique, et sa cause doit être cherchée dans les agressions des Huns, d'ailleurs assez arians eux-mêmes, car les troupes d'Attila et des conquérants inconnus qui furent ses prédécesseurs ont dû contenir de nombreux éléments blancs, probablement scythiques : sinon, leurs victoires initiales sur les Germains ne sauraient s'expliquer dans le système arianiste. Qu'importe, au surplus, l'aspect de ces vainqueurs asiatiques, puisque Gobineau n'a de tendresse que pour les vaincus, et nous assure que ses favoris ont conservé sous l'orage « leur grandeur entière » , que leurs rois « ne dégénèrent pas de la souche divine à laquelle remontait leur maison » . Nous acceptons volontiers ses affirmations bienveillantes ; mais si l'Orient européen, vidé de Germains, retourna aux Slaves, qui s'y finnisèrent à loisir; si l'Occident, voire les îles Britanniques, concentrèrent de plus en plus les forces de l'essence pure, il faut avouer que la cause de cette accumulation n'est pas
précisément martiale, et qu^un ennemi des Ârians l'interpréterait malignement de la sorte. Après avoir cédé devant les jaunes en Asie, les Scythes à Asgard, les Huns vers la Baltique, ils peuplèrent les rives de TAtlantique parce qu'ils ne purent pas fuir plus loin.
Sans nous arrêter à une si perfide insinuation, énumérons les branches principales de ces fuyards, envahisseurs de l'Empire. On distinguait parmi eux les Goths proprement dits, qui, « par les derniers tressaillements de leur énergie, inspirèrent l'orgueil de la noblesse espagnole; » les Vandales, qui allaient se mélaniser dans l'Afrique du Nord, mais préparer quelques qualités à ces Kabyles (1) (que l'Esxat trouvait aux prises avec nos troupes d'Algérie) ; les Lombards, restés plus purs quoique un peu celUsés; les Burgundes, dont le sort fut analogue à celui des précédents, mais qui eurent du moins l'avantage de se trouver voisins des Francs. Noble race que ces derniers barbares, dont la tribu royale, les Mérowings, descendait certainement d'Odin, bien que les généalogies ne mentionnent pas cette origine; mais c'est omission pure, sans aucun doute, et les titres authentiques existaient s'ils ne sont pas parvenus jusqu'à nous, car l'extraction divine est une circonstance essentielle, aux regards des nations germaniques, pour fonder des droits à la royauté. Enfin, les Saxons demeurèrent les plus purs des Germains, grâce à leur situation orientale isolée, qui les préserva du contact de la Romani té. ils eurent moins d'éclat que les Francs, plus tôt civilisés par l'Empire, mais en revanche plus de longévité; et leurs descendants, les Anglo-Saxons, représentent, parmi les peuples sortis de la péninsule Scandinave, le seul qui, dans les temps modernes, ait conservé une certaine a portion apparente » de l'essence ariane. C'est Vum'que nation de ce sang qui, à proprement parler, vive encore de nos jours.
Par malheur, la confusion qui présida à l'invasion fut fatale aux destinées germaniques^ car si à la surface « apparaissaient
(1^' Gobineau reconnaÎMiiU tant doute plua d*un tnit arian chez ces mootalaank (toif Tétude de Reuan «or la •ociété berbère).