‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 76 sur 230 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

CONCLUSION ET ENSEIGNEMENTS DE l'« ESSAI »

Il y aurait encore bien des suggestions frappantes à glaner ^à et là dans VEssai, mais il faut laisser quelque chose au lecteur désireux d'explorer en personne cette construction historique qui joint une indiscutable ampleur à une surprenante finesse de détail. Abordons, en conséquence, la conclusion du livre, qui, à la ressemblance de son début, afiFaiblit malheureusement quelque peu Timpression d'ensemble et Testime méritée sans conteste par ce puissant et consciencieux efiFort.

Elle reflète, en effet, un pessimisme peu familier aux esprits du dix-neuvième siècle, si facilement éblouis par les conquêtes matérielles de cette période privilégiée, et trop généralement portés à admettre comme probable la continuité ininterrompue du progrès. Elle présente la conclusion impitoyablement logique de thèses que les ingénieux arguments de leur inventeur avaient établies peu à peu dans la conviction du lecteur, mais qui, conduites à leurs dernières conséquences, révoltent enfin notre vanité européenne de maîtres du monde. Au lendemain de 1848, Taryanisme historique, tourné d'un air chagrin vers le passé, n'osait encore formuler pour l'avenir les espoirs impérialistes de régénération que suscita 1870, et le noir tableau que l'auteur de VEssai a tracé de l'avenir du globe a grandement fait tort à sa réputation de clairvoyance et de sérieux. Après n'avoir pas su ou voulu annoncer clairement, au début de son œuvre, ses préjugés contre la mésalliance, ses préférences secrètes pour la pureté sans alliage de l'espèce blanche, il leur a donné en revanche une expression outrée vers le terme de son plaidoyer. En annonçant que le mélange,

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