‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 91 sur 230 · LIVRE II m · texte numérisé non relu

LIVRE II m

Topposîtion des races aryennes aux sémitiques dans le domaine moral nous paraît une des spéculations les plus infécondes et les moins rémunératrices où se soit laissé entraîner trop souvent Térudition contemporaine. Gobineau pourrait servir mieux que tout autre penseur à établir cette vérité, car Tétude attentive des religions orientales Famène au total à en noyer plus ou moins consciemment les origines dans un chaldéisme, ou même dans un asiatisme commun, qui laisse fort peu de place aux distinctions et aux oppositions instructives. Les communications intellectuelles ont été trop faciles et trop fréquentes de toute antiquité dans cette immense bassine sud-asiatique, où furent brassées et triturées vingt races préhistoriques, pour qu'il ne s'y soit pas formé de temps immémorial une sorte de fonds commun de conceptions métaphysiques et morales dans lequel chaque peuple, chaque individualité puisa par la suite à sa fantaisie. Bien qu'il se soit judicieusement approché de cette vue d'ensemble, Gobineau n'a pas laissé d'apporter dans le détail quelques pierres à l'édifice capricieux des oppositions sémitiques et aryennes en philosophie; il l'a fait sans succès, comme ses prédécesseurs et ses successeurs, et nous ne le suivrons pas dans des tâtonnements sans résultat possible.

h'Hisiotre des Perses (1869) nous fournira, en revanche, la pensée mûrie de son auteur sur le passé politique des peuples qu'il a si consciencieusement observés. Enfin les Nouvelles asiatiques (1876) apporteront l'impression d'une sorte de coup d'œil rétrospectif jeté par ce mobile esprit sur la période orientale de son existence, alors qu'il sera fort engagé déjà dans une troisième époque de sa carrière, dont l'inspiration est assez différente.

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