‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 92 sur 230 · LES IMPRESSIONS ORIENTALES DU COMTE DE GOBINEAU · texte numérisé non relu

LES IMPRESSIONS ORIENTALES DU COMTE DE GOBINEAU

C'était, vers 1854, une assez rude expédidoD qu'un Toyage en Perse, et le comte de Gobineau l'ayant entrepris en compagnie de sa femme et de sa petite fille, âgée de cinq ans, il faut saluer un véritable courage, une réelle énergie dans la bonne humeur philosophique qu'il déploya pour supporter des incidents, fâcheux souvent, parfois tragiques, dont le souvenir ne jeta nul voile sur son regard, ne mêla nulle amertume en ses jugements.

Et d'abord, par une sorte de présage d'eCFrayant augure, ce fut la nuit même de son départ de Marseille qu'eut lieu, dans ces parages, le célèbre naufrage de la SémiUanie^ immortalisé par un conte de Daudet; puis le climat torride de la mer Rouge éprouva, comme il arrive d'ordinaire, les passagers du Victo^ ria. Mais surtout le chemin de terre entre le golfe Persique et la ville de Téhéran montra des difficultés capables de rebuter un voyageur assez novice en somme. Le comte en a retracé les multiples péripéties d'un crayon fin et spirituel qui ne vise pas aux effets de lumière rendus par le pinceau prestigieux d'un Fromentin, mais qui mêle agréablement les croquis humoristiques aux scènes émouvantes. Depuis cette punaise indigène, dont une seule morsure peut être fatale, jusqu'à la rencontre de ces tribus nomades, qui, lorsqu'elles n'attaquent pas directement le voyageur, échangent du moins des coups de fusil par-dessus sa tête et vident leurs différends sans égards pour les passants éventuels, tout est danger sur ces routes primitives. Leur but atteint, nos compatriotes trouvèrent d'autres périls, car, durant leur séjour dans la capitale persane, sévit une épi-

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