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MORPHOLOGIE EXPERIMENTALE

Au dix-huitième siècle, la morphogénèse individuelle constituait le centre des préoccupations biologiques et elle fut étudiée expérimentalement par les méthodes les plus adéquates, mais son intérêt diminua peu à peu jusqu'à ce que la physiologie de la forme, en tant que science indépendante, eut été presque entièrement oubliée. Il en fut ainsi, au moins en ce qui concerne la biologie zoologique. La zoologie officielle, au moins en Europe, néglige encore complètement aujourd'hui la physiologie de la forme. Les botanistes, on doit le reconnaître, n'ont jamais interrompu si complètement la continuité historique. La botanique n'a jamais cessé d'être regardée comme une science unique et n'a jamais été divisée en plusieurs parties comme la zoologie. Physiologie zoologique et Morphologie zoologique ne furent pas plus en rapport l'une avec l'autre, pendant de longues années, que la philologie et la chimie.

11 se trouva toujours, il est vrai, quelques individualités qui s'opposèrent à ce courant. Wilhelm His (1), par exemple, décrivait l'embryogénie du poulet suivant une méthode originale, dans le but de découvrir les relations mécaniques des diverses parties de l'embryon.

Il développa aussi très nettement cette idée que le but de l'embryologie n'est autre que la dérivation mathématique de la forme adulte de la distribution de la croissance dans le germe.

(1) Unsere Kôrperform, 1875.

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* Avec Alexandre Goelte (1 j nous trouvons une autre série de considérations analytiques sur lontogénie. Newporl. dès 1850, et plus lard Pllùger et Rauber inslituèrenl sur des (ruts de grenouille des expériences qui peuvent réellement èlre considérées comme une anticipation de ce qui devait suivre. Mais c'est \\ ilhelin Koux i'2), actuellement professeur d'anatomie à Halle, qui entra en lice le premier avec un programme très détaillé. 11 savait non seulement comment se posait le [)roljlènie, mais aussi comment il fallait l'altaciuer, pleinement convaincu de Timportance de ce qu'il entreprenait. Il désigna sous le nom de Enlirickeliinçjsmeclianik — mécanique du développemeiil — cette nouvelle branche de la science anatomique dont il essaya de poser les bases.

.le ne puis laisser échapper cette occasion de proclamer à (juelle haute valeur on doit, selon moi. estimer les services rendus par Roux à l'étude systématique de la morphogénèse. Je me sens d'autant plus obligé à une telle déclaration que j'aurai plus tard à contredire, non seulement j^lusieuis de ses l'ésultals positifs, mais aussi la plupart de ses considérations lhéori([ues. 11 a lui-même abandonné une grande ])arlie de ce ipiil avait h; plus fortement défendu il y a dix ans. Mais la place occupée j)ar Roux dans rilisloii'e (le l;i biologie ne J>enl «Mi-e ('diileslei', ([iielle

i\) Die Enliri('k('lun(/s(/csrhii'/ilc (1er Vnke, \ .c'\\y/.\\z , ISTf).

(2) Gesanimelle AbluindluiKjen, I.cip/.ij^ iï^'X). Publications tliéoriques les plus importantes : Zeihchr. liiol. 21, 1880; /)ie EnUvicheliiinismeclianih der Orqanismen. Wien, ISÎM) ; Vorln'uie und Aufadlzr iiber EnlwtvkclutKjiimechanik, Hefl 1., I.eip/ig, 1 '.)().").

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que soit la direction dans laquelle la science s'orientera à l'avenir.

Ce n'est pas ici le lieu de développer la méthode expérimentale. On sait que l'expérience, par cela même qu'elle isole les constituants simples des phénomènes compliqués, est un moyen privilégié pour découvrir les relations de causalité.

Voyons maintenant quelles sont les relations causales que Wilhelm Roux a établies à l'aide de l'expérience morphogénétique.

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