QUELQUES REMARQUES GENERALES SUR LE VITALISME
Abandonnons provisoirement l'entéléchie, à laquelle nous aurons l'occasion de revenir pour l'analyser plus complètement. Ou'il nous suffise d'avoir démontré son existence dans la nature et d'avoir posé quel-
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ques-unes des bases d'une vraie théorie de la vie (1). Ce fut l'erreur du vitalisme du passé de ne pas s'appuyer sur des fondements assez solides. C'est pourquoi la discussion du fondement qui soutient toute notre doctrine de l'autonomie de la vie nous occupera encore pendant assez longtemps. Nous examinerons toutes les classes de phénomènes que présentent les êtres vivants, dans l'espoir de trouver quelque nouvelle preuve du vitalisme indépendante de ce que nous pouvons appeler notre première preuve^ laquelle est basée sur l'analyse de la différenciation des systèmes harmoniques équipotentiels. Nous rencontrerons, en effet, quelques preuves indépendantes, sans parler de beaucoup de phénomènes dont l'analyse fournira, sans doute, dans l'avenir, un nombre plus grand encore de preuves indépendantes.
Car nous sommes décidés à refuser le nom de « preuve » à tout ce qui n'est pas véritablement une preuve. Les idées vitalistes ont pris des formes assez nombreuses pendant ces quinze dernières années, principalement en Allemagne. Ces idées contrastent fortement avec la biologie officielle allemande. Mais,
(1) Ma « première preuve » du vitalisme fut tout d'abord développée dans Die Localisation morphogenetischer Vorgànge, Lei[)zig, 1899 (voy. aussi des notes additionnelles dans Organische Regulalionen, Leipzig, 1901, et Archiv f. Entwicklungsmechanik, 14, 1902). Je ne puis admettre que les idées émises par moi dans ces publications aient jamais été réfutées sérieusement (voy. mes articles dans Biologisches Cenlralblaîl, 22, 23, 27, et dans Ergebnisse d. Anal. u. EnlwickeUingsgeschichle. II, 14). Un aperçu historique du vitalisme se trouvera dans mon livre Der Vitalismus als Geschichle und als Lehre, Leipzig, 1905.
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de toutes ces nombreuses tentatives pour établir un « néo-vitalisnie », aucune à mon avis n'a procédé à une véritable et rigoureuse démonstration : excepté, peut-être, la théorie de la « morphesthésie » développée par Noil. 1! est impossible d'accorder que Reinke, Schneider, Pauly et d'autres aient réellement démontré leurs doctrines, ce qui ne signifie pas la moindre réprobation contre ces doctrines, notamment contre celle de Reinke : car il se peut qu'une doctrine soit exacte, même si une démonstration formelle lui fait défaut. Gustav WolfT lui-même, le plus original penseur dans le domaine qui nous occupe, n'a pas fourni de démonstration véritable. Il admet que l'existence d'une finalité primaire (primàre Zweckmassigkeit), c'est-à-dire l'existence de processus adaptatifs dont la production est incompatible avec les principes darwinistes, est une preuve du vitalisme. A mon avis, nous ne devons voir ici qu'une preuve de la téléologie en général, qui est un concept plus large que celui de vitalisme.
La possibilité de l'existence d'une machine comme fondement des phénomènes qu'on étudie doit toujours être 'exclue d'une manière nécessaire et irréfutable si on veut démontrer la réalité du vitalisme. Je ne puis accorder que cette nécessité ait été reconnue par tous ceux qui combattent avec moi contre le mécanisme, excepté par Noll (1).
(1) Nous n'envisageons ici tiiie la inorphogénèse et la pliyfiiologie végétative. (Juant à certains psycliologues qui ont réfuté la théorie du parallélisme psycho-i)hysi(jue, je dois reconnaître qu'ils ont également démontré le vitalisme (voy. tome II).
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